La Guirlande de joyaux

Bodhicaryāvatāra | Méditation | Maîtres tibétainsRongtön Sheja Künrig

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Rongtön Sheja Künrig

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La Guirlande de joyaux

Étapes de la méditation sur le Bodhicharyâvatâra

par Rongtön Shéja Kunrig

Hommage aux guru et aux déités suprêmes !

Grâce à l’infinité de vos émanations dans des royaumes sans limites,
Vous tournez la roue du Dharma sur une vaste échelle
Et amenez les disciples à la maturité complète, Seigneur parmi les sages
Et Mañjugosha, je vous rends hommage avec dévotion !
Par votre divin discours, merveilleux au-delà de tout mesure
Et splendide à l'oreille, vous enchantez les érudits :
Glorieux Shântideva, riche en qualités,
Je vous rends hommage avec dévotion !
Maintenant, pour le bien des êtres, je vais expliquer,
En rassemblant et condensant les instructions-clé,
La manière de méditer sur l’Introduction
À la conduite des bodhisattvas.

Au début, les bases sont posées en donnant naissance aux deux types de bodhicitta. Le texte explique ensuite les six pâramitâ, les perfections transcendantes, qui constituent l’entraînement à la bodhicitta d’action. Enfin, tout le mérite accumulé est dédié à l’Éveil, comme le décrit le dixième chapitre.

Des six perfections transcendantes, les cinq premières se présentent comme les « branches » de la sixième, la perfection transcendante de la sagesse, qui est elle-même le véritable antidote à même d’éliminer directement toute souffrance. Comme le dit le texte :

Tous ces enseignements,
Le Bouddha les a destinés à la réalisation de la connaissance transcendante.
Donc, que l’on fasse naître en soi la connaissance,
Si l’on désire la cessation de la douleur.[1]

Quelle est donc la méthode, vous demanderez-vous, par laquelle on engendre cette sagesse ? Nous développons tout d’abord la sagesse qui permet de comprendre les deux vérités. Nous devons alors nous concentrer sur l’aspect des apparences relatives et méditer sur leur vacuité, qui est la vérité absolue de leur véritable nature. Pendant la méditation, il nous faut nous concentrer sur les apparences ; car sans une base déterminée, possédant des attributs ou des qualités spécifiques, comme objet de concentration, nous serons incapables d’éliminer nos idées fausses quant à ces attributs. Nous devons bien comprendre le sens de cette citation de L’Ornement de la claire réalisation:

Les objets de concentration sont tous les phénomènes... 

Jowo Jé Atisha a également dit :

Il nous faut pour commencer nous familiariser avec le fait que les choses apparaissent et sont pourtant dépourvues de véritable nature, comme une illusion magique.[2]

Lorsque nous en venons à maîtriser cela, l’aspect des apparences s’évanouit comme le fait un arc-en-ciel et nous devenons capables de demeurer en méditation, comme posés au centre de l’espace.

La manière d’établir l’apparent comme le non-apparent peut aussi se comprendre selon ces deux étapes.

Ce que Jowo Atisha explique de cette manière, comprenez bien que c'est précisément la réalité même.

La signification des quatre-vingt-quatre mille sections du Dharma
Se trouve pleinement rassemblée ici.
Les instructions-clé des érudits
Sont ainsi expliquées – méditez donc suivant l’ordre convenable.
Quelque mérite qu’il y ait en cela,
Pur et brillant comme la lumière d’une lune d’automne,
Puisse-t-il libérer les êtres de l’océan de l’existence conditionnée,
Et puissent ceux-ci atteindre l’île de la libération et de l’omniscience.

Cette « Guirlande de joyaux » qui décrit les étapes de la méditation sur le Bodhicharyâvatâra, fut écrite par Rongtön Shéja Kunrig au grand monastère de Pal Nalendra, dans l’année du rabjoung (i.e., au début du huitième cycle sexagésimal, en 1447).

| Traduit en anglais par Adam Pearcey, Rigpa Translations, 2007.
| Traduit en français depuis l'anglais par Thomas Demarcq et relu par Ane Samten et Sébastien Reggiany, 2007.


  1. Bodhicharyâvatâra, IX : 1 (traduction de Louis Finot)  ↩

  2. Abhisamayalankara, I, v 40a._  ↩

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