Sur les compositions littéraires
Introduction du traducteur
Si les remarques sur la langue écrite abondent dans la littérature tibétaine, les textes explicitement consacrés à l’art d’écrire s’avèrent beaucoup plus rares. Sur les compositions littéraires, du guéshé mongol Alasha Ngawang Tendar (né en 1759), est donc remarquable dans la mesure où il concerne exclusivement la création de traités (śāstra) bouddhistes[1]. C’est un extrait d’un ouvrage plus long, intitulé Un Brillant soleil d’explications éloquentes : Exposer, débattre, rédiger, qui passe en revue ces « trois activités des érudits[2] ». Parmi ces dernières, la composition est tenue pour la plus difficile et la plus éminente[3].
Sur les compositions littéraires
par Alasha Ngawang Tendar
Cette présentation sur les compositions littéraires comprend trois sections :
I. Les qualités d’un auteur
II. Les catégories de traités
III. Le processus de rédaction des traités
I. Les qualités d’un auteur
Penchons-nous d’abord sur les qualités requises pour composer un traité. Comme le disent les adages : qui comprend la grammaire ne sera pas confus par la sémantique ; qui comprend la synonymie[1] ne sera pas confus par la terminologie ; qui comprend la poésie ne sera pas confus par les embellissements poétiques ; qui comprend la composition ne sera pas confus par la métrique ; qui comprend la dramaturgie ne se sera pas confus par le langage.
Dans cette optique, la grammaire et la composition sont nécessaires pour la rédaction de traités chinois ; et bien que la poésie et la synonymie ne soient pas absolument indispensables pour les traités tibétains, elles permettent d’enrichir un texte. Dans tous les cas, que l’on compose un traité en chinois, en tibétain ou en mongol, il est inacceptable de mal maîtriser la langue en question, que ce soit à l’oral ou à l’écrit. Avec le tibétain, par exemple, il faut des bases solides : une bonne éducation concernant les anciennes et nouvelles orthographes, une maîtrise de l’application des signes relatifs aux genres, et une expérience pratique de la calligraphie. De plus, il faut être un spécialiste de la terminologie et des points clés en lien avec le sujet sur lequel on compte écrire, avoir obtenu la faveur de la déité, ou encore, posséder les instructions essentielles des gurus de la lignée. L’Enseignement des Trois Joyaux[2] propose aussi une autre option :
Un intellect qui dissèque les plus subtils raisonnements logiques,
Une pratique grâce à laquelle la tradition scripturaire se manifeste sous la forme d’instructions,
Et la splendeur d’une parole habile dans l’agencement des mots :
Ce sont les trois précieuses gemmes qu’on peut trouver en ce monde.
Chacune de ces trois qualités est en soi suffisante. Néanmoins, l’auteur doit être mû par une motivation pure, sans quoi ces qualités ne seront pas vraiment bénéfiques à autrui. Il importe donc d’incarner de nobles intentions. Le Recueil des élucidations du Yogācārabhūmi[3] décrit les six motivations causales pour la composition de traités et les quatre qualités d’un auteur, lesquelles sont fondamentales :
Les six motivations causales pour la composition de traités
- Vouloir que le message du Dharma se répande dans le monde
- Vouloir qu’il procure des bienfaits à certaines personnes, compte tenu de la diversité des dispositions et des intérêts des êtres
- Vouloir catégoriser des sujets particuliers
- Vouloir ordonner des sujets épars
- Vouloir clarifier des sujets profonds
- Vouloir inspirer la beauté par la beauté des mots
Les quatre qualités d’un auteur
- L’humilité : ne pas se dire, par exemple, « Si d’autres gens, qui sont autant voire moins qualifiés que moi, composent des traités, pourquoi m’en empêcherais-je ? »
- La compassion : souhaiter que la confusion des êtres à l’égard de tel ou tel sujet soit dissipée
- La bonté : vouloir que les êtres en viennent à comprendre aisément un sujet particulier
- La modestie : ne pas chercher à devenir le centre de l’attention, en se disant, « Comme ce serait merveilleux si l’on me considérait comme un grand savant ! »
En bref, on devrait composer des traités avec humilité, animé du souhait altruiste de réduire la souffrance des autres, souhaitant aimablement leur être utile, et en vue notamment de générer des sources de vertu pour soi-même et autrui.
II. Les catégories de traités
Voici comment l’on classe les traités littéraires.
Selon leur fonction :
a) Résumer ce qui est vaste, comme dans le cas de L’Ornement des sūtras[4]
b) Déchiffrer ce qui est profond, comme dans le cas de L’Ornement de la réalisation[5]
c) Ordonner ce qui est désordonné, comme dans le cas du Compendium des instructions[6]
Les catégories basées sur le sujet du traité sont de deux sortes, correspondant aux deux vérités.
Quant aux catégories basées sur la matière exposée, on compte :
a) Les commentaires sur les buddhavacanas en général
b) Les commentaires sur les buddhavacanas spécifiques
La première se divise en deux : ordinaires et extraordinaires.
Il y a aussi les traités qui mettent un terme aux notions erronées, et les guides qui offrent des conseils. Ceux de la première catégorie peuvent se concentrer sur la forme ou sur le contenu. Parmi les traités axés sur la forme, on compte :
Les ouvrages essentiellement grammaticaux qui traitent des formes naturelles, de l’affixation et de la morphologie verbale[7], comme la Grammaire de Kalapa[8] et la Grammaire de Chandra[9] ;
Les textes qui dérivent des précédents et qui traitent de la composition sous l’angle du poids métrique et des prastāra[10], comme le Candoratnākara[11] ;
Les traités synonymiques qui explorent notamment la polysémie et la classification des trois genres, comme Le Trésor de l’immortalité[12] ;
Les traités de poétique qui exposent trois types d’ornements, selon les différentes traditions des maîtres des écoles de l’est et du sud : les ornements communs aux mots et au sens ; les ornements propres au sens (au nombre de trente-cinq) ; et les ornements propres aux mots, qui comprennent, par exemple, les prouesses poétiques et les énigmes. Le Miroir de la poétique[13], par exemple.
Les traités de dramaturgie qui appliquent ce qui précèdent au langage, comme La Joie des nāgas[14] et La Joie du monde[15].
Quant aux traités axés sur le contenu, ils comprennent les ouvrages sur la science de la logique – le Discours sur la connaissance valide[16], par exemple.
La catégorie des « guides » inclut les traités sur l’art et la médecine. Dans le premier cas, il peut s’agir de traités portant sur des sujets mondains, comme l’alchimie ou la confection d’encens, ou sur des sujets extraordinaires, comme la création de représentations du corps, de la parole et de l’esprit éveillés. Les traités de médecine se rapportent quant à eux aux quatre branches – la nature des maux, les causes de maladie, leurs remèdes, et la pratique des traitements médicaux. On liste parfois aussi huit branches, décrites dans les ouvrages médicaux :
La médecine générale, la pédiatrie, la psychiatrie, les affections du haut du corps,
La chirurgie, la toxicologie, le rajeunissement, la fertilité.
Il ne faut pas non plus négliger les traités sur l’éthique séculière, puisqu’ils peuvent constituer une méthode pour atteindre la libération, pour peu qu’on sache comment s’y prendre. Une Centaine de sagesses[17] dit :
Pour celui qui pratique l’éthique des humains,
Le chemin menant au domaine des dieux n’est pas loin.
Pour celui qui gravit les escaliers vers les domaines
Des dieux et des humains, la libération est à portée de main.
La compréhension de la validité des paroles du Vainqueur repose sur les traités commentatifs qui font autorité. Ainsi, les mots et les sens cryptiques ou obscures qu’on trouve dans les anciens textes fondamentaux sont élucidés dans les commentaires mot-à-mot, les survols, les analyses approfondies et les notes des commentateurs ultérieurs qui, sans se laisser égarer par l’innovation, puisent exclusivement leurs preuves dans des sources fiables.
III. Le processus de rédaction
Cette partie comprend trois sections :
- Les préliminaires à la composition d’un traité
- La composition proprement dite
- Les bienfaits de la composition de traités
1. Les préliminaires à la composition d’un traité
Selon Le Miroir de la poétique :
L’expression de bon augure, l’hommage
Et la présentation du sujet constituent la porte d’entrée du traité.
On entame la rédaction d’un traité avec des mots de bon augure, avant d’offrir une introduction constituée d’un hommage, d’une présentation du sujet, et de tout autre élément qui donne un survol du texte principal. Cette tradition serait, dit-on, commune aux bouddhistes et aux non-bouddhistes. Les auteurs bouddhistes se distinguent en ce qu’ils ajoutent une dédicace de la vertu, à la fin. L’Éloge du Noble[18] dit :
La dédicace de la provision de vertus
À l’ensemble des êtres sensibles,
Telle que vous l’avez enseignée, ô Bienheureux,
N’est pas enseignée dans les traités des autres.
Le but de l’expression de bon augure est d’appeler à soi-même les siddhis, tandis que l’hommage sert à prévenir les obstacles. Cet hommage s’adresse à deux objets : mû par la confiance dans le Dharma, on rend hommage au Bouddha, qui en est le principal enseignant ; et mû par la confiance dans le sens du Dharma, on rend hommage aux maîtres, qui enseignent ce sens. Cette pratique est conforme aux Sujets recueillis[19], qui enseignent qu’on devrait d’abord rendre hommage au Bouddha Śākyamuni, puis aux maîtres directs et indirects qui l’ont suivi.
Certains textes sont dépourvus d’hommage initial. Par exemple, l’auteur de L’Illumination de la pensée : Une explication complète du Traité du Milieu[20] note que la Lettre à un ami[21] est exempt d’hommage d’ouverture, mais qu’elle contient néanmoins une promesse de rédaction. Les exemples de ce genre abondent. Par ailleurs, ce ne sont pas tous les hommages qui suivent le modèle évoqué plus haut. C’est le cas de nombreux textes de l’inestimable Seigneur Tsongkhapa, dans lesquels il rend d’abord hommage à sa déité de méditation. En outre, il serait aussi logique de rendre hommage, avant toute chose, au guru qui nous a témoigné tant de bonté en nous offrant le Dharma. C’est tout à fait acceptable, comme le mentionne le Vinaya-vastu[22] :
Vous devriez d’abord rendre hommage,
Comme un brahmane à la lune croissante,
À quiconque vous a enseigné le Dharma,
Que cette personne soit jeune ou âgée.
Peut-être vous demandez-vous alors si le Vinaya-vastu, avec son contexte de moines ordonnées, entre en contraction avec le Sūtra des cent karmas[23], qui enseigne qu’on devrait d’abord rendre hommage au Bouddha, puis aux maîtres qui l’ont suivi. Le fait est qu’il n’y a pas de contradiction, car – comme l’a déclaré que le grand Tsonawa[24] –, c’est un cas exceptionnel.
Par ailleurs, Le Bâton de la sagesse[25] dit :
Les êtres sublimes ne prennent pas beaucoup d’engagements.
Cependant, s’ils s’engagent à quelque chose d’ardu,
Alors, comme si cette promesse était gravée dans le marbre,
Ils auraient beau faire face à la mort qu’ils ne failliraient pas.
Donc, le but de la promesse de rédaction est de veiller à l’achèvement de la composition. Même une promesse de rédaction qui dénote l’humilité a sa raison d’être, en ce qu’elle dévoile que l’auteur est quelqu’un d’extraordinaire. Il y a aussi une tradition consistant à solliciter l’attention des gens dignes de l’enseignement en question : ce faisant, l’auteur offre un encouragement bienveillant et souligne l’importance du traité.
2. La composition proprement dite
La composition proprement dite sera abordée en deux temps :
a) Les qualités des compositions supérieures
b) Les défauts des compositions inférieures
Les qualités des compositions supérieures
Il importe que l’auteur se munisse d’un plan général de l’ouvrage à composer et qu’il orne finement son travail avec des citations puisées dans d’autres textes. Ces citations devraient être bien ordonnées, et les auteurs devraient fonder leur analyse sur les écritures et sur un raisonnement solide, en évitant que leur travail soit terni par des erreurs ou des contradictions.
Les écrits les plus remarquables portant sur des sujets profonds sont pourvus des qualités suivantes :
Le contenu – la matière – est solide et néanmoins facile à comprendre.
Les mots – et donc la forme – sont agrémentés de poésie.
La syntaxe est plaisante et bien structurée.
Les vers mesurés sont poétiques et bien construits ; dans le cas d’un essai, ils sont aisément compréhensibles.
Le vocabulaire est inspirant et enrichi de synonymes.
Le texte est exempt de redondances, et les affirmations ultérieures servent à renforcer les points soulevés en amont.
L’expression « et cetera » est évitée quand elle ne sert pas à résumer quoi que ce soit.
Une composition possédant ces qualités est un véritable cadeau qui réjouit les sages.
Les défauts des compositions inférieures
Les compositions inférieures peuvent souffrir de diverses lacunes. Par exemple, il peut être difficile de distinguer la position de l’auteur de celle des autres, comme dans le cas de La Victorieuse bannière dorée : Liturgie pour le Vinaya[26]. Il arrive aussi que le plan comporte trop de subdivisions, contrairement, par exemple, à L’Essence du raisonnement[27] et à L’Illumination de l’intention des vainqueurs[28]. Il est possible que les plans schématiques de style tibétain dans lesquels « un sujet se divise en deux, deux en trois, et trois en quatre » ne soient guère utiles aux débutants, et qu’ils risquent au contraire d’ajouter à leur confusion. Dans les textes chinois, les auteurs présentent juste ce qu’il faut de plan schématique, une fois au début du traité, puis ils le développent dans la partie principale du commentaire, sans changer l’ordre. Ce ne serait pas une mauvaise chose si nous faisions de même.
D’autres lacunes font parfois surface, comme l’absence de signes de ponctuation divisant les mots (shad), le recours exclusif à des énigmes ou à des synonymes obscurs, la traduction en tibétain de noms de lieux ou de personnes qui ne sont connus qu’à une certaine époque ou dans une région donnée, et l’écriture de mots chinois en tibétain. Par exemple, les œuvres complètes de Sitou Paṇchen de Dergué incluent de nombreux noms d’herbes chinoises notés directement en tibétain. Or, de nos jours, qu’on montre ces textes à des Chinois ou à des Tibétains, personne n’arrive à comprendre de quoi il s’agit. Les remèdes en question sont peut-être merveilleux, mais personne ne s’en trouvera guéri.
De plus, un auteur de traité qui ne s’identifie pas clairement dans le colophon ou qui dissimule son nom véritable sous des noms inhabituels commet l’une des plus grandes fautes. Certains traités qui semblent contenir de sages conseils peuvent devenir douteux du seul fait que le nom de l’auteur est obscur. C’est aussi pourquoi les érudits ne les citent pas en tant que sources scripturaires.
L’auteur qui s’est débarrassé de ces défauts devrait clairement mentionner son nom, son clan et son emplacement ; il devrait ancrer son texte dans les anciennes et nouvelles orthographes communes à l’ensemble du Tibet ; et il devrait écrire dans un style conforme aux Trente versets et à L’Application des signes relatifs aux genres.
3. Les bienfaits de la composition de traités
Divers bienfaits découlent de la rédaction de traités. La vie de l’auteur s’en trouve dédiée à la doctrine bouddhiste. Ses écrits réjouissent et épaulent les érudits, et constituent autant de merveilleuses offrandes – les plus excellents cadeaux pour tous les gens respectables qui les découvriront. Rappelons aussi ce passage éloquent dans les œuvres de maître Daṇḍin :
Les rois d’autrefois avaient peut-être une imposante allure,
Mais je détiens le miroir du langage, dont je maîtrise la nature.
Alors que ni eux ni moi ne sommes plus là, voyez
Comme c’est moi qui ne suis pas dans l’oubli tombé.
Même après qu’un auteur soit décédé, ses qualités louables lui survivront et il continuera d’être réputé pour sa bonté. Son éminence à titre de savant ne déclinera point, puisque tout un chacun discutera et célébrera sans fin ses écrits. On trouve d’ailleurs la déclaration suivante dans les sūtras[29] :
Si tous les bouddhas décrivaient assidûment,
Pendant des millions et milliards d’ères cosmiques,
Les mérites découlant du maintien du Dharma,
Ils n’en épuiseraient pas les qualités.
Comme cette citation l’indique, la préservation du Dharma engendre un mérite incalculable. Le pouvoir qui en dérive mène au statut d’un grand roi du Dharma qui, un jour, prendra place sur un formidable trône soutenu par quatre lions intrépides, régnant sur tous les êtres fortunés avec une loi pure et immaculée – une loi rayonnante des sceaux aux soixante motifs –, et parachevant sa maîtrise des dix pouvoirs.
Postface
La lune des sages érudits et de leurs activités
Dissipe les sombres nuages d’une innovation irréfléchie.
Enveloppée par la blanche lumière immaculée de cette présentation,
Elle brille si délicieusement dans l’étang de mon esprit !
Ce message, qui porte de si merveilleuses histoires,
Je l’adresse à mes compagnons dans le Dharma du Bouddha,
Afin que notre amitié harmonieuse ne s’étiole jamais.
Je ne m’attends pas du tout à ce qu’il soit utile aux autres.
Pourtant, si ceux qui souhaitent préserver la convention des quatre confiances[30]
Se penchent sur les propos exprimés – qu’ils le soient par un savant ou un ignare –,
Et s’ils les analysent sans mépris ni partis pris,
Ce sera certainement une cause de réjouissance.
Quant à ces bandes d’oiseaux démoniaques pleins de préjugés
Qui affirment qu’un texte est inutile s’il est signé par un Mongol,
Il leur serait plus profitable de cesser de piailler de funestes présages,
Et d’aller plutôt se reposer dans leurs nids orientés au nord.
Le soleil ardent de cette explication éloquente ne cesse de briller,
Décochant les éblouissants rayons des écritures et du raisonnement
Qui pénètrent instantanément les sombres repaires des bandes
De coquins vêtus du safran qui se font passer pour des savants.
Il est possible que ces propos sur l’enseignement, les débats et la rédaction
Tombent dans l’oreille de sourds épris de partis pris.
Voyez comment même la fraîcheur du clair de lune
Est perçue par les fantômes affamés comme une chaleur oppressante.
Je manque de vivacité d’esprit et je suis loin d’être érudit,
Tandis que le Dharma est d’une profondeur insondable, infinie ;
Donc, en présence des déités et du guru, je fais la confession
De toute contradiction, inexactitude, inconsistance ou répétition.
Le messager de cette explication éloquente, porteur de bonnes nouvelles,
Arrive sain et sauf sur la voie où pourront l’écouter les êtres fortunés.
Il raconte uniquement des récits qui répandent bonheur et bonté
Dans la demeure du cœur ; que s’ensuive la joie universelle !
Grâce aux forces architecturales de ce projet vertueux,
Puisse le palais serti des joyaux des libertés et avantages,
Soutenu par les huit piliers que sont les qualités de maturation[31],
Être orné, à son sommet, du cerf et de la biche de la méthode et de la sagesse.
Qu’ainsi les gouttes d’eau pure récoltées ici aient cet effet :
Qu’elles rejoignent le Gange des aspirations de Samantabhadra,
Pour se fondre dans l’océan des aspirations du Bouddha,
Étanchant la soif de tous les êtres, les comblant de bonheurs et bienfaits.
« Un Brillant soleil d’explications éloquentes : Exposer, débattre, rédiger » [dont ce texte est extrait] fut compilé par Alaksha Ngawang Tendar, qui passa ses examens pendant le Grand festival de prière de Lhassa[32].
| Traduit en français par Vincent Thibault (2026) sur la base de la traduction anglaise de Lowell Cook (2020).
Bibliographie
Édition tibétaine
tshogs gnyis rab rgyas (ed.), gangs can bod kyi nye rabs phul byung rtsom yig gces bsdus. Beijing: mi rigs dpe skrun khang, 2013. p. 153–165.
ngag dbang bstan dar, “’chad rtsod rtsom gsum gyi rnam gzhag” in gsung 'bum/_bstan dar lha rams pa/. Lanzhou: kan su'u mi rigs dpe skrun khang, 2011. Vol. 2: p. 93–100.
Sources secondaires
84000\. The Secrets of the Realized Ones (Tathāgataguhya, de bzhin gshegs pa'i gsang ba, Toh 47). Translated by Dharmachakra Translation Committee. Online publication. 84000: Translating the Words of the Buddha, 2025.
Dungkar Lobsang Trinlé (Dung dkar blo bzang ʼphrin las). Dung dkar tshig mdzod chen mo. Beijing: Krung goʼi bod rig pa dpe skrun khang, 2002.
Jamgön Kongtrul Lodrö Thayé, The Treasury of Knowledge, Book Six Parts One and Two: Indo-Tibetan Classical Learning and Buddhist Phenomenology, transl. Gyurme Dorje. Boston and London: 2012.
Hartley, Lauran. Contextually Speaking: Tibetan Literary Discourse and Social Change in the People's Republic of China (1980-2000). Ph.D. dissertation, Indiana University, 2003.
Nor brang o rgyan (ed.), Chos rnam kun btus. Beijing: Krung go'i bod rig pa dpe skrun khang, 2008.
Powers, John and Sonam Thakchoe, "Ngawang Tendar," Treasury of Lives, accessed August 21, 2020, http://treasuryoflives.org/biographies/view/Ngawang-Tendar/5338.
Version : 1.0–20260811
Notes
-
Skt. abhidāna ; tib. mngon brjod. ↩
-
Bla na med pa’i rin po che gsum gyi gtam gyi sbyor ba, de Tsongkhapa (1357–1419). ↩
-
Yogācārabhūmi Viniścayasaṃgrahanī d’Asaṅga (actif au 4e siècle). ↩
-
Mahāyāna-sūtrālamkāra-kārikā de Bouddha Maitreya via Asaṅga. ↩
-
Abhisamayālaṅkāra de Bouddha Maitreya via Asaṅga. ↩
-
Śikṣā-samuccaya de Śāntideva (8e siècle). ↩
-
rang bzhin rkyen rnam ’gyur gsum. ↩
-
Kalāpa-vyākaraṇa de Śarvavarman (vers l’an 400), traduit en tibétain sous le titre de Ka lā pa’i mdo par Blo gros brtan pa. ↩
-
Candra-vyākaraṇa de Candragomin (entre le 5e et le 7e siècles), traduit en tibétain sous le titre Lung ston pa tsandra pa’i mdo par Shong ston lo tsA ba rdo rje rgyal mtshan (du début à la fin du 13e siècle). Sur sa vie, voir Thinlay Gyatso, “Shongton Dorje Gyeltsen,” Treasury of Lives, consulté le 10 août 2026, http://treasuryoflives.org/biographies/view/Shongton-Dorje-Gyeltsen/2029. ↩
-
Gyurme Dorje traduit prastāra par « tableau (ou représentation) de variantes métriques ». ↩
-
Composé par Ratnākaraśānti et traduit en tibétain par Byang chub rtse mo (1303–1380) et Yar lung lo tsa+a ba grags pa rgyal mtshan (1242–1346). ↩
-
Amarakośa d’Amarasiṃha (vers 375). ↩
-
Kāvyādarśa de Daṇḍin (actif aux 7e et 8 siècles). ↩
-
Nāgānanda par le roi Harṣavardhana (qui régna de 606 à 648), traduit en tibétain par Shong ston lo tsA ba rdo rje rgyal mtshan au 13e siècle. ↩
-
Lokānandanāṭaka de Candragomin. ↩
-
Pramāṇa-samuccaya de Dignāga (env. 480–540). ↩
-
Prajñāsataka de Nāgārjuna (env. 150–250). ↩
-
Viśeṣastava d’Udbhaṭasiddhasvāmin (actif vers 210), traduit en tibétain sous le titre de Khyad par du ’phags pa’i bstod pa par Sarvajñādeva et Rin chen mchog. ↩
-
Yogācārabhūmi-viniścayasaṃgrahanī d’Asaṅga. ↩
-
Dbu ma la ’jug pa’i rnam bshad dgongs pa rab gsal (1418) de Tsongkhapa. ↩
-
Suhṛllekha de Nāgārjuna. ↩
-
Traduit en tibétain sous le titre de ’Dul ba gzhi par Sarvajñādeva, Vidyākaraprabha, Dharmākara et Dpal gyi lhun po. ↩
-
Karma-śataka (Tōh 340). ↩
-
Mtsho sna ba shes rab bzang po (du début à la fin du 13e siècle) fut l’un des grands commentateurs tibétains du Vinaya. Pour en savoir plus sur sa vie, voir : José Cabezón, “Tsonawa Sherab Zangpo,” Treasury of Lives, consulté le 10 août 2026, http://treasuryoflives.org/biographies/view/Tsonawa-Sherab-Zangpo/2791. ↩
-
Nītiśāstraprajñādaṇḍa de Nāgārjuna. ↩
-
Composée en 1669 par le grand cinquième Dalaï-Lama, Ngag dbang blo bzang rgya mtsho (1617–1682). Pour en savoir plus sur sa vie, voir : Alexander Gardner, “The Fifth Dalai Lama, Ngawang Lobzang Gyatso,” Treasury of Lives, consulté le 10 août 2026, https://treasuryoflives.org/biographies/view/Ngawang-Lobzang-Gyatso/6065. ↩
-
Nyāyabindu de Dharmakīrti (actif vers le 6e ou 7e siècle). ↩
-
Tshad ma rnam nges kyi TIk rgyal ba’i dgongs pa rab gsal est un commentaire du Pramāṇaviniścaya de Rgyal tshab dar ma rin chen (1364–1432). Pour en savoir plus sur sa vie, voir : Alexander Gardner, “Gyeltsabje Darma Rinchen,” Treasury of Lives, consulté le 10 août 2026, 2020, http://treasuryoflives.org/biographies/view/Gyeltsab-Darma-Rinchen/9095. ↩
-
Citation des Secrets des Tathāgatas (Tathāgataguhya, Toh 47, 7.37). ↩
-
S’en remettre à l’enseignement plutôt qu’à l’individu ; au sens plutôt qu’aux seuls mots ; au sens définitif plutôt qu’au sens provisoire ; à la sagesse plutôt qu’aux concepts. ↩
-
Les huit qualités de maturation ou résultantes (rnam par smin pa’i yon tan brgyad) : une longue vie, un teint éclatant, une lignée familiale excellente, un excellent pouvoir, une parole ferme, une puissante renommée, le statut d’un homme, une grande force. ↩
-
Le traducteur vers l’anglais remercie le Professeur Leonard van der Kuijp d’avoir relevé une erreur dans une traduction antérieure de ce colophon. Voir : van der Kuijp, Leonard W.J. 2022. “Studies in the Life and Thought of Mkhas Grub Rje II: Notes on Poetry, Poetics and Other Things in Mkhas Grub rje’s Oeuvre”. Journal of Tibetan Literature 1 (1) : 93 n.58. ↩
