Ce que pense un bodhisattva
Ce que pense un bodhisattva
Extrait de L’Excellente voie vers l’éveil de Longchenpa
Selon la section de l’Avataṃsaka Sūtra consacrée à la conduite pure[1] :
Quand il entre dans une maison, le bodhisattva devrait générer la bodhicitta en pensant, « Puissent tous les êtres atteindre la citadelle de la libération ! »
De même, quand il s’allonge pour dormir, le bodhisattva devrait penser, « Puissent tous les êtres parvenir au dharmakāya des bouddhas ! »
Quand il rêve, le bodhisattva devrait penser, « Puissent tous les êtres vivants reconnaître la nature onirique de toutes choses ! »
Quand il serre sa ceinture, le bodhisattva devrait penser, « Puissent tous les êtres se rattacher à des sources de vertu ! »
Quand il s’assoit, le bodhisattva devrait penser, « Puissent tous les êtres trouver le trône adamantin au site de l’éveil (bodhimaṇḍa) ! »
Quand il allume un feu, le bodhisattva devrait penser, « Puissent tous les êtres épuiser le combustible de leurs émotions destructrices ! »
Quand le feu brûle, le bodhisattva devrait penser, « Puisse le feu de la sagesse flamboyer ! »
Quand il finit de cuisiner, le bodhisattva devrait penser, « Puissent tous les êtres obtenir le nectar de la sagesse ! »
Quand il mange, le bodhisattva devrait penser, « Puissent tous les êtres savourer la nourriture du samādhi ! »
Quand il sort dehors, le bodhisattva devrait penser, « Puissent tous les êtres s’échapper de la cité du saṃsāra ! »
Quand il descend des escaliers, le bodhisattva devrait penser, « Puissé-je entrer dans le saṃsāra pour le bien de tous les êtres vivants ! »
Quand il ouvre une porte, le bodhisattva devrait penser, « Puissent tous les êtres ouvrir la porte menant à la libération ! »
Quand il ferme une porte, le bodhisattva devrait penser, « Puissent tous les êtres fermer l’accès aux trois domaines inférieurs ! »
Quand il se met en route, le bodhisattva devrait penser, « Puissent tous les êtres s’engager sur la voie des nobles ! »
Quand il monte une pente, le bodhisattva devrait penser, « Puissé-je mener tous les êtres au bonheur des domaines supérieurs ! »
Quand il descend une colline, le bodhisattva devrait penser, « Puissent tous les êtres mettre un terme aux domaines inférieurs ! »
Quand il rencontre des êtres, le bodhisattva devrait penser, « Puissent tous les êtres vivants rencontrer la bouddhéité parfaite ! »
Quand il pose ses pieds par terre, le bodhisattva devrait penser, « Puissé-je m’atteler à la tâche qui consiste à faire le bien de tous les êtres ! »
Quand il lève les pieds, le bodhisattva devrait penser, « Que tous les êtres soient tirés du saṃsāra ! »
Quand il aperçoit quelqu’un porter des bijoux, le bodhisattva devrait penser, « Puissent tous les êtres obtenir les parures des marques majeures et mineures ! »
Quand il voit quelqu’un dépourvu d’ornements, le bodhisattva devrait penser, « Puissent tous les êtres en venir à posséder les qualités de la purification ! »
Quand il aperçoit un récipient plein, le bodhisattva devrait penser, « Que tous les êtres soient pleins des qualités de l’éveil ! »
Quand il aperçoit un contenant vide, le bodhisattva devrait penser, « Que tous les êtres soient exempts de défauts ! »
Quand il voit des gens se réjouir, le bodhisattva devrait penser, « Puissent tous les êtres prendre plaisir au Dharma ! »
Quand il voit des êtres mécontents, le bodhisattva devrait penser, « Puissent tous les êtres vivants se désillusionner[2] des choses conditionnées ordinaires ! »
Quand il voit des êtres heureux, le bodhisattva devrait penser, « Puissent tous les êtres obtenir la félicité d’un bouddha ! »
Quand il voit des êtres qui souffrent, le bodhisattva devrait penser, « Puissent les souffrances de tous les êtres vivants être pacifiées ! »
Quand il voit des gens malades, le bodhisattva devrait penser, « Puissent tous les êtres s’affranchir de la maladie ! »
Quand il est témoin d’une expression de gratitude, le bodhisattva devrait penser, « Puisse la bonté de tous les bouddhas et bodhisattvas être rendue ! »
Quand il est témoin d’une ingratitude, le bodhisattva devrait penser, « Que les vues erronées ne soient pas récompensées ! »
Quand il est témoin d’une dispute, le bodhisattva devrait penser, « Puissé-je être en mesure de surmonter toutes les formes d’adversité et d’opposition ! »
Quand il est témoin d’une louange, le bodhisattva devrait penser, « Puissent tous les bouddhas et bodhisattvas faire l’objet de louanges ! »
Quand il est témoin d’une discussion sur le Dharma, le bodhisattva devrait penser, « Puissions-nous obtenir l’éloquence courageuse d’un bouddha ! »
Quand il voit des images sacrées, le bodhisattva devrait penser, « Que rien ne nous empêche de voir tous les bouddhas ! »
Quand il aperçoit un stūpa, le bodhisattva devrait penser, « Puissent tous les êtres y voir un objet de vénération ! »
Quand il voit des échanges commerciaux, le bodhisattva devrait penser, « Puissent tous les êtres acquérir les sept richesses des āryas ! »
Quand il voit quelqu’un se prosterner, le bodhisattva devrait penser, « Puissent tous les êtres, y compris les dévas, obtenir l’uṣṇīṣa invisible[3] ! »
Mettez ces perspectives en pratique avec les trois étapes que sont la préparation, la partie principale et la conclusion.
| Traduit en français par Vincent Thibault (2026) sur la base de la traduction anglaise d’Adam Pearcey (2026).
Bibliographie
Édition tibétaine
klong chen pa. "rdzogs pa chen po sems nyid ngal gso'i gnas gsum dge ba gsum gyi don khrid byang chub lam bzang." In gdams ngag rin po che'i mdzod, Shechen Publications, 1999, Vol. 2: 329–330.
Sources secondaires
Ga Rabjampa. To Dispel the Misery of the World: Whispered Teachings of the Bodhisattvas. Rigpa Translations, trans. Boston: Wisdom Publications, 2012.
Longchen Rabjam. The Excellent Path to Enlightenment. Translated by Khenpo Gawang Rinpoche and Gerry Wiener, Jeweled Lotus Publications, 2014, pp. 117–120.
Version : 1.0–20261008
Notes
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Le chapitre 16 de l’Avataṃsaka Sūtra est parfois appelé Gocarapariśuddha Sūtra (spyod yul yongs su dag pa’i mdo). Il est souvent mentionné dans les textes sur l’entraînement de l’esprit (blo sbyong). ↩
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Ou plus littéralement : « ne pas prendre plaisir (aux choses conditionnées) ». ↩
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L’uṣṇīṣa est la protubérance au sommet de la tête du Bouddha : l’une des trente-deux marques majeures, elle représente une extraordinaire accumulation de mérites et une vaste sagesse. ↩
