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ISSN 2753-4812
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Biographie de Dudjom Lingpa

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Une brève biographie de Dudjom Lingpa, le grand révélateur de trésors

par Péma Rigtsal Rinpoché

Dudjom Lingpa était une émanation de Drokben Khyéouchoung Lotsawa. Il est né dans la lignée familiale de Noub Sangyé Yéshé, à Chakoung. Son père était appelé Aten. Sa mère, Bodzok, appartenait au clan Moutsa Ga. Il a vu le jour en l’an de la Brebis de Bois du quatorzième cycle calendaire[1] (1835), parmi une myriade de merveilleux signes favorables.

Jeune enfant, il sut naturellement lire et écrire, sans qu’on ait à lui enseigner. Dès l’âge de deux ou trois ans, il eut des visions directes des ḍākinī de sagesse et de Guru Rinpoché. Il possédait une clairvoyance inconcevable et des pouvoirs miraculeux. Tous les gens qui le rencontraient, et quel qu’ait été leur statut, étaient absolument convaincus qu’ils avaient affaire à l’émanation d’un être sublime.

Dans son autobiographie, il décrit ce qui lui est arrivé à vingt-trois ans :

(…) Une nuit, lors d’un rêve, un homme blanc coiffé d’un chignon doré apparut et dit être Tchenrézi, le Souverain Protecteur dont les yeux voient tout[2]. « Mon fils, dit-il, par le pouvoir d’un karma et d’un mérite excellents, et par la force de pures aspirations exprimées au fil de nombreuses vies antérieures, tu es un être fortuné qui a parachevé les qualités des voies et étapes menant à l’éveil. À présent, tu as le bon karma d’apporter quelque bienfait aux êtres et à la doctrine. Donc, mange cet écrin ! » Il s’agissait d’un écrin de cristal de la taille d’un pouce. Sur sa surface, les lettres Om Hung Tram Hri Ah brillaient en cinq couleurs, comme un reflet dans un miroir. Dès qu’il me le tendit, je l’avalai.

Le noble bodhisattva proclama alors, « C’est là La profonde doctrine qui jaillit dans la vastitude de l’esprit de sagesse (Zabchö Gongpa Longdöl). » Puis, il se dissout en moi.

Ensuite, je demeurai un moment en retraite, en m’en remettant à la pratique de la méditation et de la récitation de Jampal Mawé Sengué, le Lion de la Parole à la Douce Splendeur. Un après-midi, ma demeure se remplit d’un parfum merveilleux. Je vis alors la déité directement. Jampal Mawé Sengué m’offrit un écrin doré de la taille d’un petit œuf d’oiseau et me dit de le manger. Je l’avalai immédiatement. Il dit alors, « Ceci est appelé L’infinie réseau de la sagesse des phénomènes purs (Daknang Yéshé Drawa). » Puis, il se fondit en moi.

Une autre fois, je vis une grande déité courroucée qui dit être le Glorieux Chana Dorjé, le Porteur-du-Vajra[3]. Quand je le rencontrai, j’étais si terrifié que j’étais incapable de le regarder. Alors, le Seigneur des Secrets[4] me dit, « Grand être, écoute-moi sans crainte, sans angoisse, sans effroi. On m’appelle le Grand Glorieux Chana Dorjé : je suis l’essence de la fusion du pouvoir et de la puissance de tous les vainqueurs du passé, du présent et de l’avenir ; je suis la source de tous les fiers gardiens de la doctrine[5]. Toi aussi, tu es l’émanation de mon esprit de sagesse. Je te proclame mon émissaire qui œuvre au bien des êtres. » Il tenait un stupa en turquoise de la taille d’un pouce, dans lequel apparurent les images des voyelles et consonnes de l’alphabet sanskrit et la formule de l’Essence des origines interdépendantes. Il me le tendit et me dit de le manger. Quand je mis effectivement le stupa dans ma bouche, il devint insubstantiel, mais je fis tout de même comme si j’avalais quelque chose.

Le Glorieux Chana Dorjé me dit alors, « C’est ce qu’on appelle Le trésor de l’espace de la nature du réel (Chönyi Namkhé Longdzö) », puis il se dissout en moi. À partir de ce moment, les trois cycles de vision pure se déployèrent dans mon esprit comme si on y avait déposé une copie exacte[6].

De plus, Dudjom Lingpa rencontra Guru Rinpoché et Mère Yéshé Tsogyal, de même que des myriades de vidyādhara-guru et d’innombrables bouddhas accompagnés de leurs héritiers spirituels. Ils lui transmirent leur parole ambrosiaque et bénirent son continuum mental.

En ce qui concerne son profond terma intitulé La profonde doctrine de l’Essence du cœur des ḍākinī (Khandro Nyingtik), citons cet autre passage de son autobiographie :

Voici comment j’ai reçu les listes prophétiques du trésor de la terre intitulé La profonde doctrine de l’Essence du cœur des ḍākinī. Au Rocher du Trésor de Ba à Mar ; au Rocher de Tsunmo Ngoulgö ; au Stupa de Margyi Potsong ; au Stupa de Gyédrö ; à Tashi Goman ; et à Chak Ri-Chen, j’ai trouvé des listes prophétiques, des listes complémentaires et d’autres documents dans des écrins miniatures faits de pierre, de bambou, de terre, de cire et de bois. J’en ai aussi découverts qui étaient inscrits sur du parchemin dépourvu de contenant, de même que dans un tas de charbon. C’est ainsi que je les obtins[7].

Ces enseignements profonds – ses trois cycles de vision pure et le trésor de la terre intitulé La profonde doctrine de l’Essence du cœur des ḍākinī – recèlent d’extraordinaires bénédictions. En effet, grâce à ces enseignements, treize maîtres – treize saints disciples de Dudjom Lingpa – ont atteint le corps d’arc-en-ciel au cours de leur vie, sans se défaire de leurs corps physiques. Dudjom Lingpa l’évoque dans son autobiographie quand il écrit :

Quiconque a le karma de rencontrer ces enseignements est fortuné, puisque ce sera sa dernière existence mondaine.

C’est tout à fait véridique. En outre, dans son autobiographie, Dudjom Lingpa a écrit :

Alors que je transcrivais le cycle de pratiques de la Ḍākinī Tröma, un grand tourbillon de vent s’est levé et a emporté les pages dans toutes les directions. J’y ai vu un présage comme quoi ces textes se rendraient absolument partout, dans toutes les régions[8].

Les trésors qu’il a lui-même révélés contiennent des prophéties de Guru Rinpoché prédisant son apparition :

Quand viendra l’époque des dégénérescences,
Une émanation qui ne diffère nullement de moi
Apparaîtra sous la forme d’un yogi caché et excentrique.
Il réalisera directement la nature innée
Et tous les enseignements surgiront en lui.
Ils seront distillés dans ses trois trésors.
Ce yogi sera la manifestation illusoire du vidyādhara spontanément accompli,
Le buveur-de-sang Traktung Dorjé Drowolö[9],
Le maître du trésor secret de Padma[10].

Il fut aussi prophétisé dans les enseignements du grand tertön Chöjé Lingpa, de Dodrup Kunzang Zhenpen, et d’autres encore. Dudjom Lingpa est célèbre en tant que grand révélateur de trésors, en tant qu’émanation de Drokben Khyéouchoung Lotsawa, et pour être indivisible de Guru Dorjé Drolö lui-même.


Extrait d’Une guirlande de lotus blancs : Présentation de l’enseignement et des détenteurs de l’enseignement de la tradition de Pal Drakmar Namkha Khyoungdzong.


| Traduit en français par Vincent Thibault (2026) sur la base de la traduction anglaise de Laura Swan (révisée par Libby Hogg en 2021 et publiée sur le site de Lotsawa House en 2024).


Version : 1.0–20260713

Notes

  1. Un rab byung est un cycle de soixante ans.  ↩

  2. « Dont les yeux voient tout » rend approximativement le nom tibétain Tchenrézi (spyan ras gzigs), appelé Avalokiteśvara en sanskrit.  ↩

  3. Vajrapāṇi.  ↩

  4. Une épithète de Vajrapāṇi.  ↩

  5. bka’ srung dregs pa.  ↩

  6. Voir Traktung Dudjom Lingpa, A Clear Mirror, Ranjung Yeshe Publications, 2012. La traductrice qui a préparé la version anglaise du présent texte, sur laquelle la traduction française est basée, a légèrement modifié certains passages. Ces derniers sont identifiés par des astérisques dans la version anglaise.  ↩

  7. Ibid.  ↩

  8. Ibid.  ↩

  9. Dorjé Drolö (ou Drowolö) est l’une des huit manifestations de Guru Rinpoché.  ↩

  10. La traductrice vers l’anglais propose une lecture légèrement différente de ce vers : sovereign of the Lotus Born’s secret wisdom treasury.  ↩

Péma Rigtsal Rinpoché

Dudjom Lingpa

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Profils auteur sur BDRC: P3JM117 P705

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