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ISSN 2753-4812
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Éloge du Noble Avalokiteśvara

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Éloge du Noble Avalokiteśvara

par Bhikṣuṇī Lakṣmī

Dans la langue de l’Inde : ārya-avalokiteśvara-stotra
Dans la langue du Tibet : ’phags pa spyan ras gzigs dbang phyug la bstod pa

Hommage au Protecteur du Monde!

Maître universel, tu es vénéré par les trois mondes
Et loué par les chefs des dieux, Māra et Brahmā.
Quand on te rend gloire, tu accordes la victoire ultime du sage.
Suprême protecteur des trois mondes, je te rends hommage !

Ta forme excellente contient d’innombrables bienheureux.
Ta tête est parée du Bouddha Lumière Infinie.
Ta main droite, éminemment généreuse, apaise la faim et la soif des prétas,
Et ta main gauche est parfaitement ornée d’un lotus doré.
Tes mèches de cheveux parfumées brillent comme l’or.
Ton visage épanoui est aussi gracieux que la lune.
Tes yeux, tels des lotus, sont grands et sublimes.
Ton corps est blanc comme la neige ou comme une conque, et il s’en dégage un doux parfum.
Tu tiens un rosaire de perles immaculées et chatoyantes.
Tu émanes des rayons d’une lumière éclatante, rouge comme l’aube.
Tes bras sont joliment positionnés, comme des lotus sur un lac ;
Pleins de jeunesse, ils sont blancs comme des nuages d’automne.
Tes deux épaules sont parées de nombreux joyaux.
Tes paumes ont la fraîcheur et la souplesse des jeunes pousses[1].
Ton sein gauche est drapé d’une peau d’antilope.
Tu portes des boucles d’oreilles, des bracelets et des bracelets de cheville.
Tu demeures sur un lotus suprême et immaculé.
Ton nombril est aussi tendre qu’un pétale de lotus.
Tes bracelets de cheville dorés tintent joyeusement à tes pieds[2].
Ta suprême ceinture dorée est incrustée de pierres précieuses.
Ta taille est ceinte d’un vêtement fait du plus fin tissu.
Tu transcendes le grand océan avec la connaissance suprême des sages.
Tu as réuni une abondance de mérites et atteint la précellence.
Tu bannis la vieillesse et la maladie, et tu es une source de joie éternelle.
Tu mets fin aux trois[3] et tu manifestes une activité céleste.
Suprême parmi tous ceux qui ont un corps, tu triomphes des hordes de démons.
Tu instaures la beauté[4] avec les quatre demeures de brahma.
Tu te déplaces avec la grâce du cygne et la majesté de l’éléphant.
Tu as parachevé les accumulations et tu révèles tous les dharmas[5].
Tu libères les êtres d’une mer de souffrances et de l’océan des émotions destructrices[6].

Quiconque, homme ou femme,
Se lève régulièrement à l’aube,
Se remémore avec dévotion le Seigneur Avalokiteśvara
Et lui rend hommage en lui adressant ces louanges suprêmes,
Verra que, tant dans ce monde que dans toutes ses vies futures,
Tous ses besoins – temporels et transcendants – seront comblés !

Ceci conclut l’Éloge du Noble Avalokiteśvara par Bhikṣuṇī Lakṣmī.


| Traduit en français par Vincent Thibault (2026) sur la base de la traduction anglaise d’Adam Pearcey (2019), qui avait consulté le commentaire de Drakpa Shédroup (grags pa bshad sgrub, 1675–1748).


Bibliographie

Sources principales

grags pa bshad sgrub. "thugs rje chen po'i bstod pa po bstod kyi 'grel pa don bsdus gsal ba bcas" in grags pa bshad sgrub kyi gsung 'bum. (BDRC W1PD90129). Vol. 12: 451–468. Beijing: Krung go'i bod rig pa dpe skrun khang, 2009.

dge slong ma dpal mo. "'phags pa spyan ras gzigs dbang phyug la bstod pa" in bstan 'gyur (dpe bsdur ma). (BDRC W1PD95844). Vol. 37: 555–557. Beijing: Krung go'i bod rig pa'i dpe skrun khang, 1994-2008.

Sources secondaires

Vargas-O'Brian, Ivette M. "The Life of dGe slong ma dPal mo: The Experience of a Leper, Founder of a Fasting Ritual, a Transmitter of Buddhist Teachings on Suffering and Renunciation in Tibetan Religious History." Journal of the International Association of Buddhist Studies 24 2, 2001, pp. 157–185

Wangchen Rinpoche. Buddhist Fasting Practice: The Nyungne Method of Thousand-Armed Cherezig. Ithaca, New York: Snow Lion Publications, 2009.


Version : 1.0–20260615

Notes

  1. Ou plus littéralement : « Tes paumes sont pleines de jeunesse, souples comme des feuilles. »  ↩

  2. Dans certaines versions du texte, ce vers apparaît plus loin. Voir cette version.  ↩

  3. Selon Drakpa Shédroup, cette phrase fait référence aux trois types de souffrances – la souffrance évidente, la souffrance du changement et la souffrance du conditionnement.  ↩

  4. Drakpa Shédroup souligne que dben pa, qui a le sens général d’isolement, a aussi un sens vieilli évoquant ce qui est plaisant (phangs pa) ou attrayant (yid du ’ong ba).  ↩

  5. Une autre version de ce vers pourrait se lire ainsi : « Toi qui as réuni les accumulations et qui veilles sur les enseignements » (tshogs kun nye bar bsags shing bstan pa gnyer ba po).  ↩

  6. Une autre version pourrait se lire ainsi : « Toi qui libères d’une mer de lait et d’un océan d’eau » (’o ma’i mtsho dang chu yi mtsho las sgrol ba po). Selon Drakpa Shédroup, ce sont des allusions au nirvāṇa et au saṃsāra, respectivement.  ↩

Lakṣmī

Avalokiteshvara à quatre bras

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