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ISSN 2753-4812
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Guide pour le guru-yoga intitulé « Une pluie de bénédictions »

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La quintessence de la voie profonde

Guide concis des étapes de la visualisation d’Une pluie de bénédictions, pratique de guru-yoga accompagnant la prière en sept vers

par Kyabjé Dilgo Khyentsé Rinpoché

Namo mahāgurubhyaḥ[1] !

Le maître omniscient qui connaît les trois temps – le majestueux Vajra Guru, Souverain d’Oḍḍiyāna – personnifie la sagesse et la compassion de tous les bouddhas et bodhisattvas. La supplique en sept vers qui lui est adressée est la source de tous les versets adamantins, une prière unique et suffisante, et la base de tous les accomplissements, ordinaires et extraordinaires. Une pluie de bénédictions est un guru-yoga axé sur cette prière, la plus grandiose qui soit. Je clarifierai ici les points clés de cette pratique.

Le sādhana commence par la prise de refuge, l’engagement de la bodhicitta et les quatre pensées incommensurables. À partir de là, on cesse de percevoir l’endroit où l’on pratique, l’environnement extérieur et tous ses habitants, comme étant ordinaires. Plutôt, voyez-y une terre pure, un lieu inconcevable et merveilleux. Devant vous se trouve le lac Dhanakośa. Sur ses belles rives herbeuses et fleuries, des abeilles bourdonnent, des oiseaux chantent, des cerfs gambadent. Le lac lui-même est miraculeux, immense et profond, et son eau divine possède huit qualités. En son centre : un lotus, dont le fruit, les feuilles, les pétales, la tige et l’étamine sont composés exclusivement de pierres précieuses. Sur une vaste couche de pollen se trouve un disque de pleine lune, sur lequel est assis votre maître racine, indivisible de Guru Rinpoché, Vajra Tötreng Tsal. Portant l’intégralité des marques et des signes des sambhogakāyas, il est bleu foncé; sa main droite tient un vajra près de son cœur, et sa main gauche, reposant dans son giron, tient une coupe crânienne contenant un vase de longévité rempli de nectar. Il enlace sa compagne, Yéshé Tsogyal, de couleur blanche. Elle est nue, arborant uniquement des ornements d’os et les cinq mudrās. Parés de soieries et bijoux divins, ils sont assis en union dans une sphère de lumière de sagesse quinticolore. Leurs bénédictions, leur brillance, leur magnificence sont telles qu’il suffit penser à eux pour que cessent toutes les pensées et perceptions ordinaires.

Juste au-dessus d’eux se trouvent les bouddhas et bodhisattvas qui confèrent l’initiation avec un nectar de sagesse et répandent des fleurs de bon augure. De part et d’autre, dans le ciel, les gardiens du monde et une myriade de déesses présentent de généreuses offrandes qui englobent toutes les richesses et splendeurs de ce monde et de l’état de paix qui le transcende. Tout autour, vaste comme l’océan : une assemblée de maîtres racines, maîtres de la lignée, déités yidams des six classes de tantras, ḍākas et ḍākinīs des trois domaines, et protecteurs du Dharma. Ils s’amassent comme des nuages et des arcs-en-ciel qui remplissent le ciel tout entier.

Imaginez que votre maître principal et tout son cortège vous regardent avec compassion, leurs yeux pleins d’amour. Souvenez-vous que leurs agrégats de sagesse sont au-delà de la naissance et de la mort. Le maître est le vajra-kāya, manifesté dans le seul but d’aider ceux qui rencontrent des difficultés et de protéger ceux qui souffrent, où qu’ils se trouvent, fût-ce aux confins les plus reculés de l’espace. Avec une dévotion hors du commun, rappelez-vous les qualités extraordinaires de ce refuge unique.

  • Prosternez-vous en imaginant autant de corps pareils au vôtre qu’il y a de molécules de poussière dans l’univers.
  • Votre corps, vos possessions et votre mérite accumulé dans les trois temps servant de base, offrez le monde tout entier, visualisé comme étant pur – le jeu de la sagesse de Samantabhadra.
  • Considérez toutes les actions négatives que vous avez commises depuis des temps sans commencement – les actes naturellement négatifs, de même que les chutes et transgressions relevant des vœux de libération individuelle, de la conduite des bodhisattvas et des samayas tantriques. Accablé de remords, confessez toutes ces fautes et prenez le vœu de vous contenir à l’avenir.
  • Les qualités de tous les bouddhas, dont le nombre est infini comme le dharmadhātu, sont toutes parfaites en Guru Rinpoché. Laissez la contemplation de sa vie et de sa libération éveiller la foi en vous, réjouissez-vous du fond du cœur de ses activités, et aspirez à ce que vous-même et tous les êtres suiviez son exemple.
  • Suppliez ce protecteur extraordinaire – la personnification de toutes les sources de refuge trouvables dans l’immensité du temps et de l’espace – afin qu’il demeure continuellement comme l’objet de votre foi et de votre dévotion.
  • Demandez à ce que la parole de vajra, incessante dans les trois temps, tourne sans cesse la roue des dharmas vastes et profonds, directement et indirectement.
  • Enfin, scellez la pratique en rassemblant la vertu accumulée par tous les êtres au cours des trois temps et en la dédiant, afin que tout un chacun suive les traces de Guru Rinpoché, s’éveille pleinement et œuvre sans interruption à la libération des êtres.

Ces sept branches constituent un moyen d’accumuler un grand mérite. Récitez la liturgie en gardant tout cela en tête.

Avec foi et dévotion, et sans vous laisser distraire, implorez Guru Rinpoché en récitant la Prière en sept lignes, la racine de tous les trésors révélés (termas). Dans le trésor spirituel de Guru Chöwang, on lit :

« Hommage à la déité yidam !
Bienheureuses générations futures, fils et filles d’une famille éveillée,
Si vous prenez refuge en moi, le guru d’Orgyen,
Rendez-vous en un lieu isolé, et
Faites surgir un profond sentiment de mélancolie devant l’impermanence
Et de dégoût envers le saṃsāra – ceci est vital.
Puis, fiez-vous entièrement à moi, cœur et âme.
Examinez comment tous les types de refuges, tous vos espoirs,
Se trouvent tous accomplis et réalisés en moi, le guru d’Orgyen.
Dans le bonheur ou la tristesse,
Ayez pleinement confiance; fiez-vous entièrement à moi.
Nul besoin d’offrandes ou d’éloges; abandonnez toute accumulation;
Laissez simplement le flot de la dévotion inonder votre corps, votre parole et votre esprit,
Et priez, priez avec ces sept lignes :

Hūṃ. Aux confins nord-ouest du pays d’Oddiyâna,
Au cœur d’une fleur de lotus,
Doué du merveilleux et suprême accomplissement.
Tu es connu sous le nom de « Né-du-lotus ».
Une assemblée de nombreuses ḍākinīs t’entoure;
Je te suis afin d’accomplir ta nature :
Je t’en prie : viens me bénir de ta grâce !
guru padma siddhi hūṃ

Priez de cette manière, encore et encore.

Créez un sentiment de désir ardent et de nostalgie si intense qu’il vous fait monter les larmes aux yeux;
Et si vous êtes submergés par le ravissement de la dévotion,
Alors expirez profondément, et laissez toute chose telle qu’elle est.
Clair et éveillé, centré et sans distraction, regardez à l’intérieur.
Tous mes enfants qui prient de la sorte
Seront sous ma protection, cela va sans dire,
Car ils seront fils et filles des bouddhas du passé, du présent et du futur.
Ils recevront l’entière transmission de la présence éveillée intrinsèque à leur propre esprit,
Et leur samādhi sera si puissant et si stable que la sagesse s’épanouira et se développera naturellement en eux.

Cette grande bénédiction qui s’élève d’elle-même
Dispersera toutes les souffrances qui mûriront en vous ou qui seront endurées par autrui.
Quand votre esprit sera transformé, les perceptions des autres changeront aussi, simultanément;
Vous accomplirez l’activité éveillée,
Et toutes les nobles qualités seront parfaites en vous.
Puissent les fils et filles de mon cœur
Rencontrer ce merveilleux moyen habile,
Qui fait mûrir et libère dans la réalisation du dharmakāya de mon être éveillé ! »

Ce n’est rien de moins que la racine de toute pratique.

Règle générale, pour accomplir les méditations du mantra secret – les yogas des phases de développement et d’achèvement –, on ne peut se dispenser des pratiques préliminaires (ngöndro). En effet, à défaut d’avoir pleinement intégré les points essentiels, il serait pratiquement impossible que les qualités de la pratique naissent en vous, et même si un brin de réalisation voyait le jour, cela ne signifierait pas grand-chose. Par conséquent, vous devez impérativement vous efforcer de parfaire ces pratiques fondamentales. En procédant de la sorte, les expériences de la pratique principale s’obtiennent relativement facilement. Hélas, de nos jours, la plupart des gens pensent que les ngöndro se résument à une simple accumulation – cent mille répétitions des liturgies associées au refuge, à la bodhicitta, à Vajrasattva, à l’offrande de maṇḍalas et au guru-yoga. C’est là une vision bien réductrice.

Les préliminaires ouvrent l’esprit du pratiquant et le rendent malléable. Les quatre pensées qui tournent l’esprit vers la pratique spirituelle provoquent le renoncement, qui est d’une grande importance. La condition humaine la plus complète et la plus favorable à la pratique ne s’obtient pas facilement; elle n’a pas été facile à obtenir par le passé, et retrouver une telle condition à l’avenir ne sera pas non plus chose aisée. Pourtant, d’une façon ou d’une autre, voilà que nous l’avons obtenue en cette vie. Apprécions-la pleinement, à l’instar d’une personne pauvre et aveugle qui se verrait accorder toute la splendeur et toute la gloire du monde. Sa joie serait comparable à celle d’un peuple dont le prince héritier revient enfin pour guider le royaume après une longue disparition : cette personne ne gaspillerait pas une seule journée, résolue à profiter de sa nouvelle condition. Par comparaison, gaspiller sa vie, c’est comme laisser tomber par pure négligence une gemme de grande valeur. En outre, Yama, le seigneur de la mort, peut frapper à tout instant – l’heure de votre mort n’est pas fixée. Maintenant que vous avez le choix, sachez que de gâcher cette précieuse opportunité ne fera que vous causer un profond regret. Quand sonne le glas, il est trop tard pour pratiquer.

Désormais, tandis que vous disposez d’un lit confortable, que vos besoins sont comblés, que votre corps est encore empreint de jeunesse, et que tout ce qui est nécessaire à la pratique a été rassemblé, il faut vous y appliquer. Quand le temps sera venu de quitter ce corps mortel, la plus abondante richesse matérielle ne pourrait l’empêcher ou le reporter. Vous ne pourrez rien y faire, comme si vous étiez emporté par un courant impétueux.

Quand la mort s’abat, nul loisir de contempler les actions vertueuses qu’on aurait dû entreprendre ou les méfaits dont on aurait dû s’abstenir. On ne peut pas non plus décider librement de notre prochaine destination. C’est trop tard ! On n’a d’autre choix que d’être mené par les actions positives et négatives que l’on a accomplies.

Les actes négatifs font dégringoler dans les domaines inférieurs, où il est difficile ne serait-ce que d’entendre parler du Dharma. Comment pourrait-on alors le mettre en pratique ? Par ailleurs, sans accomplir des actes positifs, il est impossible de renaître dans les domaines supérieurs. Mais peu importe où l’on renaît – royaumes supérieurs ou inférieurs –, ces conditions sont saturées de malheur et d’insatisfaction. Une cause (une action, un karma) produit inévitablement son effet : l’expérience de la souffrance. C’est le drame du saṃsāra. Le contempler devrait vous mener à penser uniquement à la libération.

Ces quatre pensées qui orientent l’esprit vers la pratique spirituelle visent essentiellement à inspirer une immense lassitude envers le saṃsāra. Contempler profondément les causes et effets de l’existence contaminée suscite une tristesse qui nous fait rechercher désespérément la libération.

Pour l’instant, nous nous noyons avec tous les êtres sensibles dans l’océan du saṃsāra, lestés par les émotions destructrices et les actions antérieures. Il est clair que nous n’avons pas la force de parvenir par nous-mêmes à la rive de la libération… Telle est la situation désolante dans laquelle nous nous trouvons ! Par conséquent, poussés par une forte envie de nous libérer, et entièrement déterminés à aider tous les êtres, nous devons chercher un refuge infaillible – quelque chose de rare et de sublime dans lequel placer notre confiance. Or, l’objet de refuge peut posséder la grâce de l’amour, la sagesse la plus élevée, et la capacité de manifester ces qualités, mais si nous sommes dépourvus de foi et de dévotion, on ne peut réellement parler de refuge.

Fondamentalement, les objets de refuge sont les Trois Joyaux, les Trois Racines, et ainsi de suite. Il y a d’autres énumérations de ce genre; cependant, tous ces éléments se trouvent essentiellement dans l’unique et suprême bouddha, Guru Rinpoché, reconnu comme la personnification de tous les refuges. C’est pourquoi on dit qu’il est suffisant de se concentrer sur lui seul.

En outre, on dit que les objets de refuge prennent de nombreuses formes distinctes. Toutefois, ces apparences sont autant de manifestations de l’unique sagesse des corps, parole et esprit éveillés, avec lesquels elles ne font essentiellement qu’un, sans séparation. De plus, si vous pouvez le reconnaître, le refuge suprême est l’indivisibilité des trois kāyas – bouddha, qui demeure au sein de votre propre esprit. Quoi qu’il en soit, même si un élan du cœur nous fait chercher refuge dans la sagesse manifeste et exempte de tout obscurcissement, il nous faut aussi comprendre comment l’état naturel de sagesse peut être purifié de tous les obscurcissements. Aborder le refuge de cette façon, c’est avoir une foi confiante. Or, pour cultiver une telle foi envers les objets de refuge, il est essentiel d’en connaître les qualités.

Dans le Padma kathang (« Les chroniques de Padmasambhava »)[2], on lit :

Dans cet extraordinaire royaume soumis par le Bouddha,
Une émanation de l’enseignant apparaît devant tout un chacun.
Je fus Amitābha le Bouddha de la Lumière infinie,
Le protecteur Avalokiteśvara sur le mont Potala,
Et Padmasambhava, né d’un lotus sur le lac Dhanakośa.
Les trois paraissent distincts, mais en réalité, ils sont indivisibles, inséparables.

Dans le dharmadhātu demeure Samantabhadra;
Dans le champ pur de Ghanavyūha, le grand Vajradhara;
Et au siège adamantin, le Puissant Sage.
Ils sont tous spontanément accomplis et indissociables de moi, Padmasambhava –
Une merveilleuse bénédiction pour le bien de tous les êtres.

Et :

Ayant ainsi complété les deux provisions et parachevé toutes les qualités,
Je suis le plus grand des héritiers du Bouddha,
Et mes émanations sont inconcevables.

Dans les trois temps – passé, présent, futur –,
Elles plantent continuellement la bannière de la victoire
De l’enseignement du Bouddha dans les dix directions.

Et encore :

Quelles que soient vos prières, elles seront toutes exaucées :
M’implorer moi, Padmasambhava, comblera tous vos souhaits.

Pour implorer Guru Rinpoché de cette façon, visualisez-le entouré de son cortège, clairement présent dans l’espace devant vous. C’est ce qu’on appelle l’approche. Le supplier avec dévotion en souhaitant accomplir les trois vajras du corps, de la parole et de l’esprit, c’est l’approcher intimement. Ces deux aspects – l’approche et l’approche intime – constituent la phase de développement (ou de « création ») du yoga.

Imaginez que les incalculables manifestations des objets de refuge sont toutes attirées vers Guru Rinpoché, magnétisées comme de la limaille de fer par un aimant. Elles se fondent en lui, et lui, à son tour, se dissout en vous. C’est l’accomplissement de la pratique. La véritable réalisation de l’indivisibilité du guru et de votre esprit – le goût unique de la sagesse de la base, de la voie et du fruit –, c’est le grand accomplissement. Ces deux aspects – l’accomplissement et le grand accomplissement – constituent la phase d’achèvement (ou de « complétude ») du yoga.

L’Entière assemblée des huit herukas décrit ce qui se passe quand on pratique continuellement de cette façon :

L’unique prière qui à elle seule suffit est la supplique en sept vers.
Son pouvoir vous fera percevoir directement le visage du guru.
Si vous récitez continuellement cette prière pendant sept ou vingt et un jours,
Les bénédictions et accomplissements pleuvront sur vous
Et vous serez libérés de tous les obstacles.

Et :

Si vous m’invoquez passionnément, en chantant cette supplique en sept lignes avec une mélodie languissante accompagnée du battement d’un ḍāmaru, moi, Padma d’Oḍḍiyāna, je viendrai depuis la Glorieuse montagne sur Cāmara pour vous bénir – incapable de résister, comme une mère aux pleurs de son enfant. C’est ma promesse, et la briser me ferait tomber au dernier degré des enfers.

Il est crucial de cultiver la conviction à l’égard de cette promesse et des autres engagements mentionnés dans les paroles adamantines et véridiques de Guru Rinpoché, et de les enchâsser dans notre cœur. Guru Rinpoché n’induit personne en erreur : l’implorer suscitera inévitablement de grandes bénédictions. De plus, dans l’annotation de transmission du Lama sangdü, on peut lire :

Si vous souhaitez accumuler promptement les deux provisions et réaliser la quintessence de la pratique, méditer sur le guru est de loin supérieur aux écritures et tantras du véhicule du résultat des mantras secrets.

Et :

M’accomplir, c’est accomplir tous les bouddhas,
Et me voir, c’est voir tous les bouddhas :
Je suis la personnification de tous les sugatas.

Accomplir le guru revient donc à accomplir tous les bouddhas. La capacité de mener des activités [telles que la pacification] sans rencontrer d’obstacles ne vient pas de la claire apparence et des émissions-résorptions de rayons lumineux, tels qu’enseignés à la phase de développement, ni du flamboiement et de l’égouttement qui relèvent de la manipulation du souffle interne, comme dans la phase d’achèvement. Ici, la pratique principale consiste simplement à laisser tranquilles les consciences sensorielles et, sans effort concerté, à se concentrer sur le guru. Abandonnez toutes les autres pensées. Animé d’une confiance et d’une dévotion inébranlables, adressez-lui des prières, sans la moindre distraction. Dans le guide d’accomplissement du Lama sangdü, on lit :

En tout temps et en toutes occasions, bonnes ou mauvaises, heureuses ou malheureuses, en cette vie comme dans les suivantes, pour les vivants comme pour les morts, et pour les bienfaits temporaires comme pour les bienfaits ultimes – à tout moment et quelles que soient les circonstances –, sachez que je représente le seul et unique espoir. Pensez à moi, encore et encore. Répétez-vous : « Guru d’Oḍḍiyāna, prends soin de moi ! (Orgyen khyéno !) »

C’est exactement ainsi. L’omniscient Mipham Rinpoché tient aussi des propos analogues dans son commentaire[3].

L’essence de tous les sūtras et tantras peut s’articuler en trois éléments : les préliminaires, l’instruction proprement dite et la conclusion. Or, peu importe l’étape à laquelle vous en êtes, c’est la pratique du guru-yoga qui est chérie et mise en valeur encore et encore par les maîtres érudits et accomplis des écoles ancienne et nouvelles du bouddhisme au Tibet. En effet, le guru-yoga peut écarter tous les obstacles à la méditation – quels qu’ils soient – et l’améliorer grandement.

La pratique du yoga du maître est hautement recommandée et procure des bienfaits innombrables. En fait, même si c’était votre seule et unique pratique, sans que vous empruntiez aucune autre voie, vous seriez en mesure d’obtenir les accomplissements ordinaires et suprême. Nous devrions donc nous concentrer sur le guru-yoga et en faire le cœur de notre pratique.

Certes, il existe plusieurs méthodes pour pratiquer le guru-yoga. Celle-ci, Une pluie de bénédictions, fut écrite par Mipham Jampal Gyépé Dorjé à Rongmé Karmo Taktsang, au Kham[4] – un site si sacré qu’on le compare à une source dont émergerait tout ce qui est favorable. Dans ce lieu retiré, une ḍākinī lui est apparue et lui a murmuré une transmission orale. Elle a chanté la supplique en sept lignes dans une mélodie ravissante, assurant ainsi une condition propice à la composition, dont on dit que les bénédictions sont incomparables.

En général, il existe de nombreuses initiations et instructions pour les pratiques de développement et d’achèvement qui sont associées à la prière en sept vers. À titre d’exemple, les termas de l’esprit de Jamgön Kongtrul comptent une cinquantaine de méthodes. Le Lotus blanc, commentaire de l’omniscient Mipham Rinpoché, comporte également des instructions qui se rapportent aux deux phases – développement et achèvement – de même qu’à la Grande Perfection, toutes expliquées de façon vaste et profonde. Cela montre bien que cette pratique quintessentielle est la profondeur même et qu’elle possède des bénédictions extrêmement puissantes qui sont indissociables des enseignements secrets des tantras adamantins. Si vous n’êtes pas en mesure de pratiquer toutes les méthodes mentionnées plus haut, mais que vous adoptez le guru-yoga comme méditation principale, vous les accomplirez définitivement toutes.

De plus, les suppliques intenses fondées sur ces sept lignes peuvent servir à purifier les obstacles et entraves. Visualisez qu’un nectar émane du maître et des déités qui se trouvent devant vous et pénètre par vos trois portes, purifiant toutes les maladies, les esprits gênants, les obstacles, les souffrances et ainsi de suite. Toutes ces choses s’évacuent par vos orifices inférieurs sous forme de sang, de pus, d’insectes, d’eau sale et d’autres substances malpropres, et entrent dans la bouche de Yama – le démon principal et le Seigneur de la Mort –, de même que dans la bouche de tous ceux envers qui vous avez contracté une dette karmique. À la fin de la récitation, considérez que vous êtes entièrement purifié, comme du gros sel dissout dans l’eau. Yama et vos créanciers karmiques sont pleinement satisfaits, vos dettes sont acquittées en totalité, et le mal est dissipé. Ensuite, méditez de la sorte : tout se dissout dans la vacuité, et vous réapparaissez sous la forme lumineuse de Vajrasattva. Le maître devant vous se fond indivisiblement – en une saveur unique – dans la goutte indestructible qui se trouve sur le lotus à huit pétales de votre cœur. Demeurez dans l’expérience induite, la sagesse de la grande félicité, et récitez le mantra en cent syllabes autant de fois que possible – cent mille fois, par exemple.

Offrez les terres pures des trois kāyas en récitant ce qui suit :

Oṃ āḥ hūṃ
La terre pure du dharmakāya, l’immuable dharmadhātu;
La terre pure des cinq familles du sambhogakāya, son reflet incessant;
Et les terres pures du nirmāṇakāya, profusion omniprésente –
Je les offre toutes, comme des nuées d’offrandes divines et extraordinaires, à la façon de Samantabhadra.
Oṃ ratna maṇḍala pūja megha samudra spharaṇa samaye āḥ hūṃ

Si vous souhaitez étoffer, présentez le maṇḍala en trente-sept points et offrez de cette façon des centaines de milliers de maṇḍalas.

Il est possible d’accumuler « cinq fois cent mille » en se basant sur le guru-yoga de cette Pluie de bénédictions. En plus de ce qu’on vient de décrire, on peut donc réciter la supplique en sept lignes tout en effectuant physiquement cent mille prosternations.

Comme nous l’avons vu, il est parfaitement correct de compléter les accumulations et de purifier les fautes – l’essence des ngöndro – en se basant exclusivement sur ce guru-yoga.

La racine du refuge et de la bodhicitta, c’est la foi confiante [dans les trois objets rares et sublimes]. La racine de la vertu – qu’il s’agisse d’accumulation de mérites ou de purification des méfaits – consiste à renoncer à une disposition d’esprit négative empreinte d’un égoïsme obsessif. Donc, au début de votre pratique, motivez-vous avec des pensées altruistes et compatissantes, et cultivez la détermination d’œuvrer au bien de tous les êtres, où qu’ils se trouvent dans l’étendue de l’espace. À la fin de la séance, dédiez les mérites dans le même sens. Quand on pratique de cette façon, je ne crois pas qu’il importe de réciter un nombre spécifique de prières de refuge et d’engagement envers l’éveil (bodhicitta).

Quoi qu’il en soit, il est essentiel de savoir ramener toutes les instructions à une pratique unique. Si les récitations nombreuses sont hors de votre portée, appliquez simplement les instructions qui précèdent à votre pratique quotidienne : elles couvrent tous les éléments profonds des pratiques préliminaires. Accumulez au moins cent mille répétitions de la supplique en sept lignes basées sur ce guru-yoga : cela ouvrira la porte aux bénédictions.

Chacune des contemplations des préliminaires ordinaires (extérieures et intérieures) devrait être pratiquée conformément aux instructions qui s’y rapportent. Ici, toutefois, il importe de pratiquer en accord avec la tradition du précieux et omniscient guru, Mipham. Faites de la répétition de la prière en sept lignes l’axe principal du yoga; et à certains moments, comme aux dixièmes jours de la lune croissante et descendante, préparez un festin d’offrandes (gaṇacakra). Si vous n’offrez pas de festin, à la fin des répétitions, visualisez que vous recevez les quatre initiations, puis poursuivez le yoga en mêlant votre esprit à celui du guru; leur inséparabilité est l’ainsité de votre propre nature innée. Maintenir cet esprit de vajra – l’état naturel, libre de toute caractéristique, définition ou désignation – est le guru-yoga véritable et définitif : c’est voir votre vrai visage, au naturel, et y demeurer.

Si, tout en cultivant une dévotion intense envers le guru, vous vous sentez somnolent, léthargique, triste ou abattu, exclamez-vous avec force, « Ha ! », mêlez votre présence éveillée intérieure à l’espace extérieur et reposez en méditation : il en ressortira une plus grande clarté. Si votre esprit est troublé ou agité, dirigez votre regard vers le bout de votre nez, ramenez encore et encore à l’esprit une image nette du guru, et ainsi de suite. Soyez conscient de votre propre expérience intérieure et appliquez au besoin les méthodes appropriées. De façon générale, l’objet auquel on adresse des prières – le lama visualisé devant soi – et la personne qui génère une foi et une dévotion intenses sont tous deux le jeu de l’esprit. Ne les considérez pas comme bons ou mauvais, puisque l’esprit est au-delà de la naissance, de la durée et de la mort. Reposez-vous simplement dans la contemplation de ce qui n’est autre que votre propre nature : l’union de la présence éveillée et de la vacuité. Sans rien à saisir ou à quoi se cramponner, c’est l’état dépouillé, l’ainsité – le Guru Rinpoché définitif.

Le tantra intitulé Yéshé tingné dzogpé gyü (« Sagesse profonde et parfaite »)[5] dit :

La présence éveillée dépourvue d’esprit [ordinaire] est la graine de tous les bouddhas;
Elle devrait être ta compagne de tous les instants.

Et dans le tantra Rigpa rangshar (« Lever naturel de rigpa »)[6], on lit :

La présence éveillée non conceptuelle est, en essence, le dharmakāya;
La clarté de rigpa non entravée, le saṃbhogakāya;
Le fait qu’elle apparaisse sous n’importe quelle forme, le nirmāṇakāya.

Pour illustrer le sens de ces citations, mettons-les en parallèle avec le Vajra Guru mantra :

Oṃ, l’essence vide; āḥ, la nature lumineuse; et hūṃ, la compassion omniprésente : on peut distinguer ces trois kāyas de façon conceptuelle, mais dans les faits, ils composent une unité naturelle, vajra. Le mode d’être fondamental, dans lequel, en essence, le maître et vous-même avez toujours été indivisibles, n’est pas affecté par le saṃsāra ou le nirvāṇa; il les surpasse et il transcende la croyance en l’existence des phénomènes. C’est cela, le guru. Nul besoin de s’en remettre à des méthodes basées sur l’effort, puisque les apparences confuses sont primordialement pures, et que l’état qui en résulte est spontanément ouvert, padma. La sagesse spontanée rendue manifeste dans le dhātu né de lui-même et spontanément parfait, c’est le siddhi. Ce n’est rien de plus, et il n’y a rien de proprement nouveau à accomplir. On peut « diviser » cette sagesse inhérente en parlant de la base, du chemin et du fruit, mais c’est là une distinction purement conceptuelle. En essence, ces trois aspects sont indivisibles – la présence éveillée et innée rendue manifeste, hūṃ.

La profonde force vitale du véhicule adamantin des mantras secrets sert à dévoiler la signification ultime de l’esprit. Grâce aux bénédictions générées par la dévotion et par la prière que vous adressez continuellement au guru relatif [qui relève du domaine] des caractéristiques, vous en viendrez à voir directement le visage du guru intérieur et ultime, votre propre présence éveillée, qui ne vous a jamais quitté depuis l’origine. Ces deux pratiques devraient être accomplies de concert : elles se renforcent l’une l’autre et mènent à l’accomplissement suprême.

Entre les séances, considérez toutes les apparences comme autant de manifestations du maître, et entraînez-vous à la perception pure, à la compassion et à la bodhicitta. En plus de ce qu’on a cité plus haut, le même texte ajoute :

Si tu médites sur l’amour et la bodhicitta, ton esprit sera béni. Si tu considères que l’endroit où tu habites est l’Oḍḍiyāna, cet endroit sera béni. Visualise ta maison comme étant un palais inestimable et elle sera bénie. Considère que les autres êtres sont divins, et ils seront bénis en tant que déités de sagesse. Enfin, ingère les aliments et breuvages comme de l’amṛta : ils seront bénis comme autant de substances d’offrandes. Voilà les cinq aspects de la grâce; les bénédictions proprement dites dépassent l’imagination[7].

Pour résumer, appliquez-vous à répéter la pratique et, animé d’une grande dévotion, suppliez continuellement le maître sans succomber à la moindre distraction. C’est l’approche. En persévérant, viendra un moment où vous pressentirez la bénédiction de la pratique : c’est l’approche intime. Quand vous aurez indéniablement constaté des signes d’accomplissement véritable – au quotidien, en méditation ou en rêve –, vous dévouer à la prière mènera à l’accomplissement. Une fois que les trois portes (celles du corps, de la parole et de l’esprit) sont bénies, réaliser l’inséparabilité du maître et de votre propre esprit, c’est le grand accomplissement.

Les bienfaits d’une telle pratique sont mentionnés dans le Manuel d’instructions pour accomplir le guru :

Moi qui suis le maître de l’Oḍḍiyāna, j’apparaîtrai dans chaque région du Tibet le dixième jour du mois du singe de l’année du singe; cela est certain, puisque c’est ma promesse, mon engagement. De même, le dixième jour de chaque mois, je viendrai. Soyez assurés que mes émanations rempliront le Tibet et le Kham. C’est ma promesse sacrée, et Padma n’induit jamais en erreur.

Si vous ressentez de la dévotion envers moi, pensez à moi à ces moments-là; et en guise d’offrandes, préparez une torma à partir de substances délicieuses et donnez-lui la forme d’un joyau étincelant.

Invoquez-moi avec le battement rythmique d’un ḍāmaru et la prière ardente en sept vers. Alors, moi, le maître de l’Oḍḍiyāna, je viendrai vous rejoindre depuis la Glorieuse montagne sur Cāmara – je serai incapable de résister, comme une mère entendant les pleurs de son enfant chéri. C’est ma promesse solennelle : la trahir me mènerait en enfer.

Dans l’histoire du terma axé sur le Maître courroucé révélé par le Vidyādhara Terdak Lingpa, on lit :

Si vous souhaitez recevoir des bénédictions spéciales et obtenir rapidement l’accomplissement, présentez des offrandes et méditez sur moi, Padma. Alors, comme un joyau magique exauce les souhaits de ceux qui lui adressent des prières, des myriades océaniques de bouddhas vous béniront et vous protégeront comme si vous étiez leur unique enfant. Protecteurs du Dharma et ḍākinīs feront pleuvoir les accomplissements sur vous; les dieux hautains et arrogants de ce monde vous obéiront; et vos activités spontanées serviront à libérer tous les êtres. Tous ces bienfaits découlent de la confiance que vous m’accordez. Donc, dissipez vos doutes et redoublez d’efforts dans la pratique. Cher roi et fidèles sujets ici réunis, si je vous induis en erreur, Padma ne vaut pas grand-chose !

On peut aussi lire[8] :

Au roi et à la cour, mes disciples du Tibet :
Je déclare que je visiterai ce pays
Au dixième jour de la lune croissante.
Padmasambhava n’induit jamais en erreur.

Et :

Quand vous me suppliez avec les sept lignes,
La grâce sera vers vous dirigée, en un flot incessant.
Quand mes bénédictions pleuvront sur vous, votre méditation resplendira;
Sachez que c’est un signe de ma présence.

Et :

En vérité, je ne vais ni ne viens, mais vous ne me verrez qu’une fois que votre karma et vos obscurcissements auront été purifiés. Conformément aux prières et à la perception relative de ceux qui doivent être entraînés, je réside au pays des rakṣasas. Pourtant, le flot de la compassion demeure ininterrompu, et je suis constamment présent devant ceux qui ont foi en moi.

Et encore :

Invoquez-moi avec ferveur le dixième jour du mois.
Je sais que vous êtes tombés dans le saṃsāra.
Vouez-moi votre cœur, votre esprit, votre être tout entier !

Ces citations et d’autres encore sont sans équivoque : pratiquer avec une dévotion incessante procurera les accomplissements ordinaires et suprême. Cela est certain. Par conséquent, et puisque cette pratique commode, facile à effectuer et riche de sens permet aux pratiquants de Dharma d’extraire l’essence de leur précieuse vie humaine, cette instruction est d’une importance cruciale.

Dans le sud du Bhoutan, Thinley Dorjé, un ministre du roi dharmique dont l’esprit est imprégné de saines pensées, m’a dit qu’il souhaitait appliquer la substantifique moelle des instructions essentielles, et m’a demandé une pratique commode et directe. L’ayant entendu, le kusali Tashi Paljor – qui prie continuellement afin de suivre et de servir le roi du Dharma de l’Oḍḍiyāna dans cette vie et toutes celles à venir, et qui, grâce à la bonté du maître, est plein d’espoir dans son cheminement sur la voie de la libération – a écrit ces directives et instructions exactement telles qu’il les a reçues du seigneur d’une centaine de familles de bouddhas et de ses deux héritiers spirituels de Shéchen[9]. Ce texte fut composé dans la Forteresse du Profond Secret (Sangzab Dzong), et le scribe fut le moine tantrique Jigmé Kalsang. Puisse cette composition n’être rien d’autre qu’une cause permettant à chacun d’entre nous – représenté par celui qui en a fait la requête – de se relier au nectar bienfaisant de la sagesse omnisciente du maître, le Second Bouddha. Sarva Maṅgalam. Que la vertu abonde !

| Texte principal traduit en français par Vincent Thibault (2022, revu en 2026) sur la base de la traduction anglaise de Sean Price (2021). La longue citation du terma de Guru Chöwang est reprise presque intégralement de la traduction du Comité de traduction française Rigpa (2004). Merci à Damien Van Effenterre pour ses conseils sur certains points.


Bibliographie

Édition tibétaine

bkra shis dpal 'byor. "tshig bdun bla ma'i rnal 'byor byin rlabs char 'bebs kyi dmigs khrid nyung bsdus zab lam bcud dril/" in gsung 'bum/_rab gsal zla ba. 25 vols. Delhi : Shechen Publications, 1994. (BDRC W21809) Vol. 15 : 300–311.

Sources secondaires (en anglais)

Dilgo Khyentse. Lion of Speech: The Life of Mipham Rinpoche. Translated by the Padmakara Translation Group. Boulder, CO: Shambhala Publications, 2020.

Jamgön Mipham, White Lotus: An Explanation of the Seven-Line Prayer to Guru Padmasambhava, traduit par le Padmakara Translation Group, Boston & London : Shambhala Publications, 2007.

Sources secondaires (en français)

Dilgo Khyentsé Rinpoché, Lion de la parole : Biographie essentielle de l’omniscient Mipham Jamyang Namgyal Gyatso, traduit par le Comité de traduction Padmakara, Plazac, France : Éditions Padmakara, 2019.

Mipham Namgyal, Le Lotus blanc : Explication détaillée de la Prière en Sept Vers de Gourou Rinpoché, traduction de Patrick Carré, éditions Padmakara, 2009.


Version : 2.0–20260827

Notes

  1. « Hommage au grand Guru ! », en sanskrit.  ↩

  2. padma bka’ thang, un terma d’Orgyen Lingpa (né en 1323).  ↩

  3. pad+ma dkar po (« Le Lotus blanc »).  ↩

  4. rong me dkar mo stag tshang. Un site au nord-est du monastère de Dzongsar où Mipham passa de nombreuses années en retraite. Voir Lion de la parole (éditions Padmakara), pages 88 à 91.  ↩

  5. ye shes gting nas rdzogs pa’i rgyud, un tantra du Dzogchen.  ↩

  6. rig pa rang shar, un tantra du Dzogchen.  ↩

  7. Le segment qui commence par « entre les séances », y compris la citation, sont tirés du Lotus blanc. Mipham Rinpoché cite La Montagne de cristal (tantra du corps éveillé du cycle du Lama gongdü, bla ma dgongs ‘dus sku rgyud shel gyi ri bo), un terma de Sangyé Lingpa.  ↩

  8. Les citations qui suivent proviennent du trésor de Ratna Lingpa intitulé L’invocation du dixième jour.  ↩

  9. Selon Shéchen Rabjam Rinpoché et Khenpo Gutsé de Shéchen, au Kham, cette façon de faire référence à ces trois maîtres de Shéchen – offrant l’image d’un père et de ses deux fils spirituels – n’est pas courante. Toutefois, elle évoque vraisemblablement les trois maîtres de Shéchen dont Kyabjé Dilgo Khyentsé Rinpoché reçut des enseignements – le père, seigneur d’une centaine de familles de bouddhas, étant Shéchen Gyaltsab, Gyourmé Péma Namgyal (1872–1926), et les fils spirituels étant Shéchen Kongtrul, Péma Drimé Lekpé Lodrö (1901-env. 1960) et le sixième Shéchen Rabjam, Gyourmé Kunzang Tenpé Nyima (1910–1960).  ↩

Dilgo Khyentse Rinpoché

Guru Padmasambhava

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