La maison des traductions du bouddhisme tibétain
ISSN 2753-4812
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Introduction à Avalokiteśvara

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Introduction à Avalokiteśvara

par Stefan Mang

Avalokiteśvara (spyan ras gzigs, « Le seigneur qui voit ») est l’un des bodhisattvas les plus révérés du bouddhisme Mahāyāna. Il incarne la perfection de la compassion illimitée, ou karuṇā (snying rje). Son nom évoque une vigilance ininterrompue – celle d’un bodhisattva qui perçoit la souffrance de tous les êtres et répond immanquablement à leur détresse. On le connaît sous divers noms et épithètes, dont « Grand être » (Mahāsattva, sems dpa' chen po), « Grand Compatissant » (Mahākāruṇika, thugs rje chen po), et « Seigneur du Monde » (Lokeśvara, 'jig rten dbang phyug), qui tous reflètent sa présence constante et aimante. Selon une légende bouddhiste tibétaine, la compassion d’Avalokiteśvara était telle que sa tête explosa quand il constata l’ampleur de la souffrance des êtres ; c’est alors que le bouddha Amitābha le reconstitua en lui offrant une quantité de têtes et de bras, de sorte qu’Avalokiteśvara puisse aider les êtres dans toutes les directions[1]. Cette histoire illustre donc la bodhicitta, le cœur compatissant de la voie du Mahāyāna. Des récits traditionnels tibétains ajoutent qu’alors qu’il était ému aux larmes par la souffrance du monde, Tārā verte et Tārā blanche naquirent de ses larmes pour l’aider à accomplir son vœu de libérer tous les êtres[2].

Origines

Historiquement, le culte d’Avalokiteśvara remonterait à l’Inde, où il devint une figure centrale vers les débuts du mouvement du Mahāyāna, possiblement vers le 1er ou le 2e siècle[3]. Ses origines – sujettes à débats parmi les chercheurs – sont attribuées tantôt à l’élaboration des idéaux bouddhistes du bodhisattva, tantôt à l’absorption de qualités de déités hindoues, comme Brahmā et Śiva, voire à des conceptions indo-iraniennes antérieures de la protection divine[4]. Il se pourrait que le gros de son identité dérive des Jātaka, ces récits décrivant la carrière de bodhisattva altruiste menée par le Bouddha dans ses vies antérieures[5]. Au fil du temps, Avalokiteśvara fut identifié comme le bodhisattva principal de la « Famille du Lotus » (padmakula) et comme la plus éminente manifestation du bouddha Amitābha – c’est alors le principal émissaire compatissant du bouddha et un guide pour atteindre la terre pure de Sukhāvatī[6]. Le culte d’Avalokiteśvara s’est répandu abondamment en Asie, donnant lieu à une extraordinaire diversité de formes et à un vaste corpus littéraire, grâce auquel il en est venu à être vénéré comme le quintessentiel bodhisattva de la compassion et un sauveur universel protégeant de tous les périls.

Arrivée au Tibet

Selon des sources historiques tibétaines, Avalokiteśvara serait arrivé au Tibet dès le 5e siècle[7], avant d’atteindre rapidement une importance sans pareil à la fois comme objet de dévotion et comme symbole de l’identité collective du peuple tibétain. On croit qu’il a tout spécialement pris la responsabilité du « Pays des Neiges », se manifestant sous d’innombrables formes pour guider et protéger ses habitants. Une légende célèbre raconte qu’il s’est incarné sous la forme d’un singe compatissant et que le peuple tibétain est né de son union avec Tārā (qui avait alors pris la forme d’une ogresse) ; cette histoire enracine donc l’origine même de la nation dans la compassion[8]. Le culte d’Avalokiteśvara s’est pleinement épanoui lors de la deuxième phase de diffusion du bouddhisme au Tibet (et donc à partir du 10e siècle), surtout sous l’influence de maîtres éminents, comme Atiśa Dīpaṃkara (982–1054)[9]. En outre, une mythologie typiquement tibétaine entourant la figure d’Avalokiteśvara a émergé, inspirée par des textes importants, tels que la Collection d’enseignements sur le maṇi (maṇi bka' 'bum) et le Testament du pilier (bka' chems ka khol ma), qui ont souligné son rôle central, tant dans la vie religieuse que dans l’autorité symbolique de la royauté tibétaine[10]. Selon ces textes, le grand roi du Dharma Songtsen Gampo (srong btsan sgam po, vers 605–650) aurait été une émanation du célèbre bodhisattva[11] – une affiliation qui s’est ensuite étendue aux incarnations des Dalaï-Lamas (tA la'i bla ma) et des Karmapas (karma pa), leur autorité spirituelle et temporelle étant considérée comme une personnification bien vivante de la compassion d’Avalokiteśvara. Le Palais du Potala (pho brang po ta la) à Lhassa tire d’ailleurs son nom du séjour céleste du bodhisattva (le mont Potalaka) ; au-delà d’un siège de gouvernance, c’est donc aussi un reflet terrestre de la terre pure du bodhisattva. Au fil du temps, Avalokiteśvara en est venu à être vénéré comme la déité protectrice du Tibet – une déité qui se manifeste sous forme humaine pour guider les êtres avec compassion, et dont les bénédictions sont invoquées dans tous les foyers et monastères.

Textes fondateurs

Sūtra

Avalokiteśvara est présent dans un vaste corpus littéraire qui ne cesse de croître. Ce corpus comprend des textes canoniques de premier plan, dans lesquels le bodhisattva est la figure centrale ou encore, un intercesseur. Parmi les exemples, on compte le Sūtra du Lotus (Saddharmapuṇḍarīka Sūtra), le Sūtra du cœur (Prajñāpāramitāhṛdaya Sūtra) et le Dévoilement du panier (Kāraṇḍavyūha Sūtra), lequel présente le célébrissime mantra en six syllabes (ṣaḍakṣarī-vidyā), oṃ maṇi padme hūṃ[12].

Le Maṇi kaboum

La Collection d’enseignements sur le maṇi (maṇi bka' 'bum) mentionnée plus haut constitue un pilier du culte tibétain d’Avalokiteśvara. Cette collection traditionnellement attribuée au roi Songtsen Gampo fut redécouverte ultérieurement sous forme de trésors spirituels (gter ma) aux 12e et 13e siècles par les révélateurs[13] Nyangral Nyima Özer (nyang ral nyi ma 'od zer, 1124–1192), Drouptop Ngödroub (grub thob dngos grub, 12e s.) et Śākya Zangpo (śākya bzang po, 13e s.)[14]. Elle est généralement divisée en trois cycles : le cycle scripturaire (mdo skor), qui contient des récits et historiographies ; le cycle rituel (sgrub skor), axé sur les sādhana et les instructions pratiques ; et la section des conseils (zhal gdams kyi skor), qui comprend des recommandations spirituelles et éthiques[15].

Le Livre de la tradition Kadam

Le Livre de la tradition Kadam (bka' gdams glegs bam) est inextricablement lié au rayonnement d’Avalokiteśvara et de Tārā au Tibet. Il préserve les enseignements d’Atiśa (982–1054) et de son disciple Dromtönpa ('brom ston pa, 1004–1064) et constitue l’assise doctrinale de l’école Kadam, traduisant l’idéal du bodhisattva en pratique quotidienne. Avalokiteśvara, en tant que personnification de la compassion universelle, est au cœur du texte, lequel inspire les maîtres de la tradition, fait du bodhisattva le protecteur perpétuel du Tibet, et prépare le terrain à son association plus tardive avec la lignée des Dalaï-Lamas[16].

Aspects et cycles principaux

Padmapāṇi

Dans l’art et la littérature de l’Inde ancienne, Avalokiteśvara était typiquement représenté sous l’aspect de Padmapāṇi, le Détenteur du lotus, un jeune bodhisattva couronné de l’effigie d’un bouddha et tenant une fleur de lotus[17].

Au fil du temps, son iconographie s’est diversifiée de façon spectaculaire. On trouve en effet une extraordinaire diversité de formes – paisibles et courroucées, masculines et féminines, cosmiques et locales – fondée sur un corpus riche et varié de littérature dévotionnelle. Voici certaines de ces formes :

Khasarpaṇa

Khasarpaṇa (ou Khasarpaṇi) est une manifestation paisible d’Avalokiteśvara, alors représenté avec un visage et deux mains. Sa main droite fait le mudrā de la générosité suprême tandis que la gauche effectue celui de l’enseignement, tout en tenant la longue tige d’un lotus qui s’épanouit près de son oreille gauche.

Amoghapāśa

Amoghapāśa, « Lasso infaillible » (don yod pa'i zhags pa), est souvent une forme d’Avalokiteśvara qui ressemble de près à Khasarpaṇa[18], tout en soulignant le pouvoir infaillible (amogha) du bodhisattva qui secoure les êtres de l’océan du saṃsāra avec la corde (pāśa) de sa compassion[19]. Cette manifestation démontre l’engagement indéfectible d’Avalokiteśvara à libérer tous les êtres par des moyens habiles. Il existe au Tibet un important cycle d’instructions axées sur Amoghapāśa qui remonterait au maître indien Candradhvaja (zla ba rgyal mtshan)[20].

Siṃhanāda

Siṃhanāda, « Rugissement du lion » (seng ge'i sgra), est une forme paisible d’Avalokiteśvara à un visage, trois yeux et deux mains. Il chevauche un lion et dissipe les maladies et affections, en particulier celles causées par les nāga. Sa main droite est tendue dans le geste accordant le refuge, tandis que de la main gauche, il tient la tige d’un lotus qui fleurit près de son oreille et supporte l’épée de la sagesse.

Avalokiteśvara à quatre bras

Avalokiteśvara à quatre bas (Caturbhuja, phyag bzhi pa) joint ses deux mains centrales au niveau de son cœur en signe de prière ; il tient aussi un lotus, côté gauche, et un rosaire de cristal, à droite. Deux lignées principales de cette forme sont issues de Kyergang Chökyi Sengué (skyer sgang pa chos kyi seng ge, 1154–1217) et Tshemboupa (tshem bu pa, 13e s.). Un sādhana largement pratiqué invoquant cette forme est la Visualisation et récitation du mantra du Grand Compatissant, par Thangtong Gyalpo (thang stong rgyal po, 1361?–1485).

Dans le Longchen nyingtik (klong chen snying thig, « L’Essence du cœur de l’immensité »), révélé par Rigdzin Jigmé Lingpa (rig ’dzin jigs med gling pa, 1730–1798), Avalokiteśvara apparaît sous son aspect appelé Dukngal Rangdrol (sdug bsngal rang grol, « Libération naturelle de la souffrance »), d’un blanc radieux, représenté debout, avec quatre bras.

Jinasāgara

Jinasāgara (rgyal ba rgya mtsho, « Océan de vainqueurs ») est une forme tantrique rouge d’Avalokiteśvara à quatre bras. Réchoungpa (ras chung pa, 1083/5–1161), célèbre disciple de Milarépa (mi la ras pa, 1040–1123), a propagé une transmission particulière de Jinasāgara qui devint par la suite le yidam (yi dam) des Karmapas. Une autre lignée importante, pratiquée dans la tradition Guéloug (dge lugs), trouve son origine chez le siddha Mitrayogin[21].

Avalokiteśvara à onze têtes

En plus de ses onze visages, Avalokiteśvara à onze têtes (Ekādaśamukha, phyag stong zhal bcu gcig) a huit ou mille bras ; dans ce cas, on parle d’Avalokiteśvara à mille bras (Sāhasrabhujasāhasranetrāvalokiteśvara, spyan ras gzigs phyag stong zhal bcu gcig). La « tradition du roi » (rgyal po lugs) d’Avalokiteśvara, fondée sur la Collection d’enseignements sur le maṇi et les révélations de Drouptob Ngödroup, est centrée sur une cette forme alors appelée Gaganarāja (nam mkha' rgyal po, « Roi du ciel »). Une autre lignée majeure remonte à Atiśa, qui introduisit la forme à onze visages dans le cadre des « quatre déités des Kadampas » (bka' gdams lha bzhi)[22]. Le nyoungné (smyung gnas), influent rituel de jeûne établi par Bhikṣuṇī Lakṣmī, est aussi associé à cette manifestation[23].

Avalokiteśvara qui protège contre les huit périls

Avalokiteśvara qui protège contre les huit périls (Aṣṭabhayatrāṇāvalokiteśvara, spyan ras gzigs 'jigs pa brgyad skyob) est représenté assis les jambes à demi croisées, avec un visage et huit mains. Chaque main tient un accessoire symbolisant l’un des huit dangers. Le bodhisattva protège ainsi les pratiquants des périls intérieurs et extérieurs[24].

Formes féminines en Asie orientale

Dans l’est de l’Asie, Avalokiteśvara était initialement vénéré sous ses formes masculines, et ce, dès les premiers siècles de notre ère. À partir du dixième siècle, il a graduellement pris diverses formes féminines en Chine, sous le nom de Guanyin (« Celle qui entend »), laquelle est révérée comme une protectrice maternelle. Cette transformation a aussi influencé le culte d’Avalokiteśvara en Corée (sous le nom de Kwanŭm) et au Japon (sous le nom de Kannon)[25].

Autres manifestations

Avalokiteśvara apparaît aussi sous la forme d’autres déités. Le yidam courroucé Hayagrīva, le protecteur (dharmapāla) Mahākālā, la déité de richesse Jambhala blanc, de même que Tārā verte et Tārā blanche, sont tous considérés comme autant d’émanations essentielles du bodhisattva.

Au sein d’un groupe

Notons enfin qu’Avalokiteśvara apparaît souvent dans le contexte d’un groupe. Par exemple, c’est l’un des « Huit grands bodhisattvas » (aṣṭamahopaputra, nye ba'i sras brgyad). De plus, il forme avec Mañjuśrī et Vajrapāṇi une triade de bodhisattvas représentant la compassion, la sagesse et le pouvoir[26].

Le mantra en six syllabes

La dévotion portée à Avalokiteśvara se manifeste très notamment par la récitation de son mantra en six syllabes – oṃ maṇi padme hūṃ. Ce mantra, considéré à la fois comme « le cœur de son cœur » (paramahṛdaya) et comme son nom sacré (nāma), renferme son essence éveillée. Il sert de « grand mantra » (mahāvidyā) qui mène à la réalisation et à une communion directe avec l’esprit éveillé du bodhisattva. Réciter ce mantra, s’en souvenir ou le porter purifierait les obscurcissements, mènerait à la libération (mokṣa) et générerait la sagesse suprême (bodhi). On le décrit comme la « graine » du Mahāyāna, et ses six syllabes synthétisent l’essence de tous les enseignements du Bouddha et toute la voie vers l’éveil[27]. Il résonne à travers l’ensemble du panorama tibétain – gravé à flanc de montagne, inscrit sur des pierres à maṇi, tournant dans des moulins à prières, réchauffant le souffle d’innombrables pratiquants… Par ce mantra, la présence compatissante du bodhisattva s’actualise, soudain accessible, transformant à la fois le monde extérieur et la vie intérieure de l’adepte.

Conclusion

Émergence doctrinale dans le Mahāyāna de l’Inde ancienne, apothéose en tant que protecteur du Tibet, myriade de manifestations à travers l’Asie… Avalokiteśvara exemplifie l’adaptabilité dynamique de la compassion bouddhiste à travers les cultures. Ses innombrables formes – paisibles ou courroucées, masculines ou féminines, solitaires ou accompagnées – expriment une compassion qui est toujours à l’écoute, transcendant le temps et l’espace. Au Tibet, son culte fait partie intégrante de la trame de la vie religieuse – un rappel bien vivant que l’éveil n’est pas un idéal lointain, mais le battement radieux d’un cœur aimant.


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| Introduction traduite en français, à partir de l’anglais, par Vincent Thibault (2026).


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Version : 1.0-20260225


  1. Buswell Robert et Donald Lopez (2014), p. 737. Cette légende semble provenir de la Collection d’enseignements sur le maṇi (maṇi bka' 'bum).  ↩

  2. Voir, par exemple, Khenchen Palden Sherab (2004), p. 31, et Khenchen Palden Sherab & Khenpo Tsewang Dongyal (2007), p. 18.  ↩

  3. Revire, Nicolas, Rajat Sanyal et Rolf Giebel (2021), p. 6.  ↩

  4. Zhang (2017), pp. 8–11. Revire, Nicolas, Rajat Sanyal et Rolf Giebel (2021), p. 26.  ↩

  5. Zhang (2017), pp. 19–35.  ↩

  6. Revire, Nicolas, Rajat Sanyal et Rolf Giebel (2021), p. 6.  ↩

  7. Selon des sources traditionnelles, pendant le règne du roi Lha Totori Nyentsen (env. 374–493), des représentations du corps, de la parole et de l’esprit éveillés seraient miraculeusement tombées du ciel pour atterrir sur le palais royal. Elles comprenaient un stūpa doré, un joyau, le Dévoilement du panier (Kāraṇḍavyūha Sūtra), et plusieurs autres reliques (pour la liste complète, voir Sørensen (1994), p. 150). On attribue donc à ces événements l’introduction du Dharma scriptural et matériel au Tibet.  ↩

  8. Sørensen (1994), pp. 111–132.  ↩

  9. Kapstein (2000), p. 148 ; Langelaar (2024), p. 6 ; Van Schaik (2006).  ↩

  10. Langelaar (2024), pp. 5–8.  ↩

  11. On attribue au roi dharmique Songtsen Gampo le fait d’avoir apporté au Tibet une statue d’Avalokiteśvara « née d’elle-même » (l’Ārya Lokeśvara) pour bénir la région. Cette statue fut ensuite placée dans le Palais du Potala à Lhassa. Pour en savoir plus sur les efforts déployés par Songtsen Gampo pour amener au Tibet cette représentation sacrée de sa déité tutélaire, voir Sørensen (1994), pp. 189–195.  ↩

  12. On peut voir dans le mantra oṃ maṇi padme hūṃ une invocation de Maṇipadma, l’une des 108 formes d’Avalokiteśvara ; on peut alors le traduire grosso modo par « Hommage au Joyau-Lotus ». Les exégèses tibétaines offrent toutefois de multiples interprétations symboliques. La plus répandue associe les six syllabes aux six domaines du saṃsāra. Voir Buswell Robert et Donald Lopez (2014), p. 603. Voir aussi Tulku Thondup (2020), pp. 124 à 132.  ↩

  13. Dans la tradition Nyingma (rnying ma), un tertön (gter ston, « révélateur de trésor ») ne peut être considéré comme un grand révélateur que s’il a découvert des enseignements rattachés à trois catégories de pratiques (Guru Padmasambhava, Grande Perfection et Avalokiteśvara). Donc, tous les grands tertöns ont révélé au moins un texte en lien avec Avalokiteśvara.  ↩

  14. Pour la traduction d’un résumé de l’histoire de la compilation du Mani Kaboum, voir Kapstein (2000), pp. 145–146.  ↩

  15. Langelaar (2024), p. 13 ; Kapstein (2000), p. 145.  ↩

  16. Atisa et Dromtönpa (2008), pp. 1–31.  ↩

  17. Zhang (2017), pp. 8–11 ; Revire, Nicolas, Rajat Sanyal et Rolf Giebel (2021), p. 26.  ↩

  18. Sundström (2020), pp. 136–137.  ↩

  19. Voir l’introduction à The Sovereign Ritual of Amoghapāśa, listé sous 84000 dans la bibliographie. À noter par ailleurs que ce qu’on a traduit ici par « corde » a parfois plus précisément le sens de « nœud coulant ».  ↩

  20. Voir Gö Lotsawa (1949), pp. 1018–1028.  ↩

  21. Kapstein (2000), pp. 148 & 263, note 54.  ↩

  22. Les trois autres sont Bouddha Śākyamuni, Tārā et Acala.  ↩

  23. Kapstein (2000), pp. 148 & 263, note 53.  ↩

  24. Buswell Robert et Donald Lopez (2014), p. 83.  ↩

  25. Benedetta (2019) ; Buswell Robert et Donald Lopez (2014), pp. 332–333.  ↩

  26. Buswell Robert et Donald Lopez (2014), p. 83.  ↩

  27. Studholme (2002), p. 108.  ↩


Avalokiteshvara à quatre bras

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