Catalogue des œuvres intégrales de Jigmé Lingpa
Le discernement minutieux des dharmas[1]
Catalogue des œuvres intégrales de l’Omniscient Roi du Dharma, Rigdzin Jigmé Lingpa
par Guétsé Mahāpaṇḍita Gyourmé Tséwang Chokdroup
bhavaṃ duṣāṃ secanajñānacakṣur
viśodhanoruṃ paraṃsaṃgatebhiḥ |
samastadharmodayādarśa caivaṃ
svayambhuvajraṃ lukaṃ bhāti nāmnā ||[2]
Avec l’œil de la sagesse, tu élimines tous les défauts de l’existence.
Ayant atteint l’autre rive, celle de la grande pureté,
Tu es un miroir qui reflète tous les phénomènes.
Ton nom, « Vajra spontané »[3], est un ornement pour le monde.
La sagesse libératrice du Bouddha est comme un océan, un immense flot de nectar apaisant.
Par le pouvoir de sa grande compassion, sa voie vaste et dégagée s’étend à l’infini à travers le temps et l’espace
Et met fin aux tourments de l’incessant saṃsāra ; sa parole est le Dharma suprême, dont sont issus les différents aspects du saṅgha.
Ces trois traits se manifestent en tant qu’amis spirituels sous la forme de merveilleux traités.
Notre maître est inégalé dans les trois mondes et son nom est universellement réputé : c’est le grand omniscient Rangjoung Dorjé Jigmé Lingpa. Je propose ici un survol de la première édition de ses œuvres complètes, publiée en plusieurs volumes. Cette brève présentation comprend trois parties : 1) une courte biographie de Jigmé Lingpa ; 2) le catalogue proprement dit ; 3) la conclusion, à savoir une démonstration des bienfaits de ce projet significatif, une dédicace et des prières d’aspiration.
1. Courte biographie de Jigmé Lingpa
En réalité, notre enseignant est exactement comme l’a décrit le vénérable Maitreya :
Un bouddha accomplit simultanément une multitude d’actions –
En certains lieux il tourne la roue du Dharma de centaines de façons, ailleurs il prend naissance, ailleurs encore il n’apparaît pas ;
Ici, il montre différents modes de naissance, là, toutes les sortes d’éveil, et là encore, le parinirvāṇa ;
Pourtant, tout cela, il le démontre sans jamais s’écarter de cet état[4].
Dans l’Insurpassée – merveilleuse et incommensurable terre pure sans limites ni centre –, la sagesse spontanée de la réalité incomposée a toujours été présente. C’est Samantabhadra, le bouddha primordial, l’essence de la présence éveillée. Les cakravartins des maṇḍala – dont la nature est celle du filet illusoire et qui possèdent toutes les plus éminentes qualités –, ces seigneurs qui règnent sur les grands royaumes du Dharma ornés des sept aspects de l’union, sont les tathāgata des cinq familles, Mahottara Heruka, Vajrayoginī et les autres, qui jouissent des perpétuelles roues ornementales du corps, de la parole, de l’esprit, des qualités et des activités. Ils ne s’écartent jamais de ce grand déploiement. Comme on le lit dans La continuité suprême :
Tout comme le reflet du corps du chef des dieux
Apparaît sur la pure surface du béryl,
Le corps du Seigneur des Sages
Se reflète sur la pure base de l’esprit des êtres[5].
Cette citation démontre qu’au niveau absolu, le parfait Bouddha Samantabhadra demeure libre des extrêmes de la singularité et de la pluralité. Cependant, à partir de cet état, sur le plan relatif et en fonction de l’agent et des objets à connaître, il apparaît sous d’innombrables formes pour le bien des disciples, que ces derniers soient extrêmement purs, partiellement purs, ou impurs. Il se manifeste donc tant pour les tathāgata-bouddhas et les bodhisattvas du dixième niveau que dans la perception commune aux êtres ordinaires et aux nobles. Ces formes variées et innombrables comprennent respectivement le seigneur des vainqueurs de la sixième famille, le grand saṃbhogakāya qui est la propre apparence de l’espace fondamental, le mi-nirmāṇakāya, mi-saṃbhogakāya, et le suprême nirmāṇakāya. Ces myriades de kāya apparaissent tout d’un coup, en un seul instant, se déployant d’une infinité de façons au sein d’une infinité de terres pures, et elles accomplissent une variété incalculable d’actions éveillées. Le Bouddha amène les êtres à maturité dans des domaines aussi nombreux que l’océan est vaste, et il apparaît, selon la perception de ceux et celles qui doivent être guidés, sous d’innombrables formes : bodhisattvas, nobles śrāvaka, siddhas, paṇḍita, śrāmaṇa, brahmanes, monarques universels, Brahmas, Indras, rois, suzerains, ministres, chefs de famille, dieux, yakṣa, lions, chevaux, éléphants, oiseaux, cerfs, arbres médicinaux, plantes comestibles, aliments, embarcations, ponts… Tous ces aspects se manifestent pour apprivoiser les êtres en fonction de leurs constitutions, de leurs facultés et de leurs tendances habituelles. Par ses moyens habiles, le Bouddha déploie ainsi toutes ces différentes émanations. Avec le jeu indestructible du filet illusoire, il manifeste non seulement une infinité de corps, mais aussi une parole incessante, par laquelle il révèle d’innombrables portes menant au Dharma. Il mène une part des disciples aux domaines supérieurs, d’autres, sur la voie du bien définitif, et il en mène d’autres au résultat de la voie.
Les êtres ordinaires et immatures comme nous ne parvenons pas à embrasser toute la portée de ce qui précède. Notre esprit est biaisé et conceptuel, au point que la seule chose que nous sommes en mesure de comprendre est ce qui suit. Le glorieux Vajrasattva lui-même s’est manifesté sous la forme de Devaputra Adhicitta pour diffuser les enseignements de la Grande Perfection dans le domaine des dieux. Dans le monde humain, il a manifesté l’enseignant en nirmāṇakāya, Garab Dorjé, le premier qui révéla les enseignements qui sont au cœur du véhicule suprême. À l’époque du Bouddha Kāśyapa, il est né en tant que fils du roi Kṛkin. Selon la perspective des êtres ordinaires, c’est à cette époque qu’il a pour la première fois orienté son esprit vers l’éveil suprême. Puis, au temps de notre Enseignant [le Bouddha Śākyamuni], il s’est manifesté sous les traits de Nanda. Au Tibet, il fut le moine Akaramati, lui-même émané par Songtsen Gampo ; il fut ensuite le roi Tri Songdétsen – Mañjuśrī en personne –, la princesse Péma Sal, Gyalsé Lharjé, Yarjé Tertön Orgyen Lingpa, l’Omniscient Drimé Özer, Ngari Paṇchen Rinpoché – le Puissant Roi-Lotus –, Chögyal Puntsok de Drikoung, le tertön Tashi Tobgyal Wangpodé, maître des Trésors du Nord, et Dzamling Dorjé, tertön du Kongpo. Il s’est ainsi manifesté sous de nombreuses formes, selon les besoins du moment. Toutes ces émanations représentent toutefois une seule succession de naissances et relèvent d’un même esprit. Enfin, comme l’indiquent les prophéties du Maître de l’Uḍḍiyāna recensées dans les termas d’Orgyen Lingpa :
Dans le district de Yor, au Tibet central, viendra un bodhisattva appelé Péma.
Il maintiendra les enseignements des kamas de la tradition Nyingma et apprivoisera les êtres avec sa maîtrise des moyens habiles.
Cette citation indique qu’au cours de cette vie, il préservera à la fois la lignée explicative et la lignée pratique des enseignements oraux de l’école des premières traductions. De plus, les prophéties scellées du Condensé de l’esprit de sagesse des gurus (Lama Gongdü)[6] et d’autres sources révèlent clairement les signes, les présages et les marques corporelles dont il allait être pourvu, l’ensemble constituant un pilier immuable.
Rappelons en particulier la promesse indestructible du maître Vimalamitra : qu’à une époque où les profonds enseignements de l’Essence du cœur seraient devenus presque imperceptibles, comme un ruisselet en automne, il se manifesterait en tant qu’érudit pour restaurer ces enseignements. Conformément à cette promesse, le grand paṇḍita Vimalamitra – ce joyau couronnant cinq cents érudits –, est apparu dans ce pays des monts enneigés en la personne de l’Omniscient Rangjoung Dorjé Jigmé Lingpa.
Cet être saint fut depuis toujours complètement éveillé à la nature de tous les phénomènes. Il n’eut pas à dépendre de l’écoute, de la contemplation et de la méditation sur les mots du Dharma comme le font les gens ordinaires. Néanmoins, pour donner l’exemple, il progressa tout de même pas à pas dans l’étude et la pratique des enseignements. De la part d’amis spirituels ordinaires, il reçut sans jamais s’en rassasier le nectar du Dharma comprenant surtout les enseignements des kamas. Puis, son esprit et sa famille de bouddha s’étant réveillés, il éprouva un renoncement inconcevable, au point de percevoir la totalité de l’existence mondaine comme une fosse enflammée, et de s’imaginer entouré d’hommes sauvages et d’animaux féroces. Mû par le désenchantement, il se concentra radicalement et diligemment sur les pratiques les plus vitales au monastère de Palri. Il eut alors des visions au sein de l’espace de la grande luminosité : Padmasambhava – le guru extraordinaire, seigneur des familles et second Bouddha – et le grand maître Mañjuśrīmitra lui apparurent. Il reçut maintes fois l’initiation symbolique et ultime au-delà des élaborations conceptuelles. À partir de là, la réalisation se manifesta spontanément ; toute saisie à l’égard des expériences disparut ; il maîtrisa les vents karmiques ; la caverne illusoire des apparences s’effondra ; et sa présence éveillée devint douce et malléable. Tout ce qui lui apparaissait se dota d’une pureté infinie, sans borne ; tous les phénomènes surgirent comme autant de dhāraṇī et de trésors de confiance. Posait-il son regard sur les apparences externes, il percevait toutes les désignations conventionnelles et tous les objets connaissables comme de simples voiles. Néanmoins, pour guider les êtres immatures, il mit en lumière [la vérité conventionnelle], librement et en toute impartialité. Les nœuds dans son chakra de la jouissance se dénouèrent dans l’espace omnipénétrant, et tous les mouvements de ses canaux et vents énergétiques se transformèrent en nuées de syllabes. Tous les sons jaillirent pour lui comme la mélodie du nāda suprême, indestructible et inexprimable ; toutes les apparences, comme autant de symboles et de textes, si bien qu’il put percevoir des instructions essentielles dans tout ce qui se présentait. Il écrivit Le Miroir de la sagesse et de l’amour : Commentaire détaillé sur le rituel du Condensé de l’esprit de sagesse des gurus. À vingt-huit ans[7], son ravissement dévotionnel envers le grand maître Padmasambhava, le seigneur des familles, fit se dissoudre dans l’espace omnipénétrant l’intégralité des quatre-vingts conceptualisations ordinaires. À cet instant, l’éminent guru Padmasambhava lui-même apparut dans le ciel, chevauchant un lion. Une ḍākinī de sagesse vint également déposer un écrin dans ses mains. Voici ce qu’on pouvait y lire :
Pour les disciples dont la perception est pure,
Tu es Tri Songdétsen.
Pour les disciples dont la perception est impure,
Tu es Sengué Répa.
Voici le trésor de l’esprit de sagesse de Samantabhadra,
Les symboles de l’immensité du Vidyādhara Padma,
Le grand trésor secret des ḍākinī.
Que les signes soient absorbés[8].
Une joie inépuisable envahit immédiatement son esprit. Il ouvrit l’écrin, pour y trouver cinq rouleaux de parchemins jaunes et sept billes de cristal de la taille d’un pois. Il les consomma : les mots et le sens [de l’Essence du cœur de l’immensité] jaillirent alors vivement dans son esprit, aussi nettement que s’ils y avaient été imprimés. Il les cacha toutefois pendant sept ans dans l’immensité de sa réalisation.
Puis, alors qu’il pratiquait sans distraction pour parvenir à l’accomplissement suprême au grand et sombre charnier de Chimphou, il eut trois visions du corps de sagesse du futur bouddha Rirab Marmé Gyaltsen, le Grand Omniscient Drimé Özer[9]. Il reçut d’abord les bénédictions de son corps éveillé et la transmission ultime des mots et de leur sens. Ensuite, il reçut les bénédictions de sa parole éveillée, ce qui l’intronisa à titre de régent ultime de l’Omniscient Roi du Dharma. Il se vit confier les enseignements des Sept trésors et des Trois chariots et maîtrisa les postulats du sens ultime et définitif. Il fut investi du pouvoir de les enseigner largement, afin que ces enseignements ne s’estompent pas. Ses activités éveillées en fait d’explication et de composition sur l’authentique [approche des] mantras secrets prirent ainsi une grande ampleur. Enfin, il reçut les bénédictions de l’esprit éveillé de Longchenpa et devint le régent de Samantabhadra. Il fut initié par le transfert de la bénédiction du puissant rayonnement de la présence éveillée, l’ainsité indicible, et maîtrisa la réalisation de la lignée ultime.
C’est à cette époque qu’il composa Les paroles de l’Omniscient et d’autres textes, concis et pourtant d’une immense portée. Par ailleurs, les Réponses aux questions de Khari[10], qui contiennent des prophéties révélées par Guru Chökyi Wangchouk, dit :
À l’Est ou au Sud des Tombes rouges[11],
Il est possible que soit établi un monastère avec un stūpa de la Descente des cieux[12]
Conformément à cette prophétie, sur une crête en direction du tombeau du roi Songtsen, ce lieu de bon augure, et non loin du temple de Yorou Tradrouk[13], le temple de Tséring Jong fut construit et rempli d’objets sacrés. C’est là, au milieu d’un boisé d’arbres de la bodhi, que Jigmé Lingpa a tourné la roue du Dharma – sans interruption, sans parti pris, et de façon élaborée – pour une assemblée de pratiquants, en mettant l’accent sur la collection d’enseignements des vidyādhara-bodhisattvas.
La ḍākinī principale des cinq familles créa alors les coïncidences propices à l’ouverture de la porte du Dharma et au déchiffrement des écritures symboliques. Le moment était venu de coucher par écrit les textes de l’Essence du cœur de l’immensité, les trésors de l’esprit que Jigmé Lingpa avait révélés précédemment. Il en écrivit donc clairement les points les plus cruciaux.
Il est certain que le dixième jour du mois du Singe[14], en l’an du Singe de Bois (1764), alors qu’il avait trente-cinq ans[15], Jigmé Lingpa fit un rituel d’offrandes au cours duquel il eut une vision du grand maître de l’Uḍḍiyāna accompagné d’un rassemblement de héros et de ḍākinī. Conformément à cette vision, ses quinze premiers disciples – y compris plusieurs saints qui avaient antérieurement exprimé de merveilleuses aspirations – se rassemblèrent autour de lui. C’est à eux qu’il enseigna d’abord les instructions qui mûrissent et libèrent issues de l’Essence du cœur de l’immensité. Par la suite, il enseigna cette Essence du cœur de l’immensité aux disciples convenables, et elle se diffusa largement.
Le grand Omniscient Longchenpa lui avait précédemment confié tous ses enseignements et l’avait intronisé en tant que son régent ultime, sur la base de quoi Jigmé Lingpa composa un ouvrage versifié intitulé Le trésor de précieuses qualités : Pluie de joie[16], lequel enseigne en un seul texte tout le sens des Sept trésors et des Trois chariots. Il en a aussi composé un commentaire explicatif élaboré, en deux parties. La première, Le chariot des deux vérités, couvre le véhicule des caractéristiques, et la seconde, Le chariot de l’omniscience, traite en détail de la base, de la voie et du fruit du véhicule résultant des mantras en général, et de la Grande Perfection lumineuse en particulier. À l’aide des écritures et du raisonnement, Jigmé Lingpa a établi les assises philosophiques des enseignements de l’essence adamantine. Dans les vallées au pied des montagnes enneigées du Tibet, les tonitruants logiciens jadis bouffis d’orgueil et de soi-disant connaissances virent leurs étendards mis en pièces ; émerveillés, ils s’inclinèrent joyeusement devant le maître et le couvrirent de louanges évoquant une pluie de fleurs. Jigmé Lingpa élimina ainsi les ténèbres des notions erronées chez ceux qui considéraient que les adeptes de l’École des anciennes traductions connaissaient mal les diverses piṭaka ; il permit ainsi au soleil de la perception pure de rayonner. La bonté dont il a fait preuve en accomplissant ce seul acte est telle qu’on pourrait difficilement lui rendre.
Incapable de se résigner à voir disparaître les précieux textes de la Collection des tantras de la tradition Nyingma – fruit de l’incroyable sagesse du roi du Dharma émané et des bodhisattvas traducteurs et érudits –, Jigmé Lingpa les a recompilés. Certains grands savants ferrés dans les nouvelles traductions, comme Butön[17] – l’un des premiers à avoir étalé sa partialité et ses biais –, ont eu la vision trouble au point d’exclure du Kangyour les sections des tantras des trois yogas, à quelques exceptions près. C’était, selon eux, un choix rationnel, puisque les titres de ces tantras ne se trouvaient pas dans les chroniques et catalogues. Cependant, cet éminent maître sacré qu’est Jigmé Lingpa, animé d’une confiance aussi vaste que profonde, et s’appuyant sur les trois types de preuves[18], a composé Un ornement qui illumine le monde jusque dans ses moindres recoins : Histoire de la précieuse Collection des tantras de l’École des premières traductions. En tablant sur la logique et les écritures, il a balayé les sophismes et lavé les taches conceptuelles.
Dans une vision qu’il eut du corps de sagesse de Lang Palgyi Sengué, Jigmé Lingpa reçut le signe qu’il avait été initié dans le maṇḍala émané de Vajrakīlaya[19]. Ici, au Pays des Neiges, il existe de nombreuses transmissions de Vajrakīlaya, dont les principales sont la Tradition du Roi, la Tradition de Jomo, et la Tradition du Cham ; cependant, elles représentent toutes une même intention de sagesse. Habilité par sa vision, Jigmé Lingpa réunit toutes ces traditions. Les circonstances interdépendantes furent donc réunies pour qu’il puisse agencer les tantras comme le Tantra du grand nirvāṇa de Vajrakīlaya, le Déploiement adamantin, le Grand yoga, le Pic de la sagesse, et le Tantra racine du grand yoga, les compiler et les arranger en moyens d’accomplissement (sādhana). Une telle collection n’avait jamais été compilée auparavant. Je ne mentionne ici que les grandes lignes, sans entrer dans les détails. En effet, je ne peux me pencher sur chaque texte – la roue d’activités, les rituels de consécration et d’offrandes, le rachat de la force vitale, les rituels d’initiation, les enseignements de Dharma… On trouvera cependant tous ces détails dans la Grande biographie[20].
Ainsi, ce grand seigneur fut, en cette ultime période de cinq cents ans, le souverain de tous les Bienheureux et l’éminent chef de la sixième famille – Vajradhara. Sa bonté envers les disciples difficiles à apprivoiser excède celle de tous les bouddhas. Sous les traits d’un grand maître de vajra, il a œuvré au bien des êtres. Maîtrisant les moyens de connaissance valide, il a prouvé l’authenticité des Paroles du Bouddha et des traités subséquents. Tous ses enseignements écrits, dont les sujets sont d’une grande importance, sont adaptés aux besoins des disciples ; ce sont des moyens habiles grâce auxquels on peut éliminer toutes les émotions destructrices des trois mondes. Jigmé Lingpa était un ārya, un être sublime comparable au bienheureux Bouddha, qui a montré la voie vers la paix du nirvāṇa et enseigné les causes et effets de tous les phénomènes. Comme l’a dit le Vénérable Maitreya :
Toute parole riche de sens et correctement rattachée au Dharma,
Qui éradique les émotions négatives des trois mondes
Et démontre les bienfaits de la paix
Est la parole du Sage ; toute autre forme de parole ne l’est pas[21].
On pourrait aussi se pencher sur l’étymologie du mot subhāṣita, ou « parole éloquente ». « Le saint Dharma est bon au début, bon au milieu, bon à la fin. Sa signification est excellente. Ses mots et ses syllabes sont excellents. Il a ses caractéristiques propres. Il est parfaitement complet. Il est absolument pur. Il purifie totalement… [22] », et ainsi de suite. Quant aux traités, le Vénérable Maitreya a dit :
Tout ce qu’ont exposé ceux dont l’esprit est parfaitement dépourvu de distraction,
Qui est totalement en accord avec l’enseignement du Vainqueur,
Et qui est propice au cheminement sur la voie de la libération,
On devrait le mettre au-dessus de notre tête, comme les paroles du Bouddha[23].
Donc, si le sujet d’un traité est l’enseignement du Bouddha et qu’il est en harmonie avec la voie qui mène à la libération, on devrait le considérer de la même façon que les paroles du Bienheureux. En outre, le cœur de tous les enseignements est le véhicule résultant des mantras, et parmi toutes les piṭaka, les textes qui traitent principalement des phases internes de génération, de perfection et de grande perfection sont insurpassés ; on devrait donc savoir que ces textes sont similaires aux Paroles du Bouddha, si parfaitement exprimées.
De plus, hormis les pratiques des Huit grands maṇḍala[24] et du Condensé de l’esprit de sagesse des gurus[25], la plupart des manuels d’activités des termas furent composés en pensant aux disciples novices de cette époque dégénérée. Cependant, cette apparente simplicité fait que la plupart des gens qui s’en remettent seulement aux mots sont confus quant à leur sens véritable. Pour satisfaire les êtres de notre époque – qui sont obsédés par les mots –, Jigmé Lingpa a employé un vocabulaire aussi profond que significatif. Les arrogants épris de leur propre gymnastique mentale auraient beau analyser ses écrits sous tous les angles, ils peineraient à en sonder toute la profondeur. Ces textes peuvent mener graduellement tout un chacun à l’espace absolu, et ils sont d’une extrême rareté. Le pouvoir des mots et de leur sens est tel que les personnes intelligentes peuvent les comprendre. Ils sont nettement supérieurs aux traités d’autres érudits, et la perception directe peut en attester. Pour les générations à venir, ces textes deviendront comme des instructions essentielles. Pour dresser un parallèle : en Inde, cette terre sacrée, dès le début de la seconde diffusion du bouddhisme au Tibet et pendant l’époque des six savants gardiens[26], les œuvres du grand maître Abhayākarapāda[27] étaient considérées comme plus sublimes que les traités antérieurs. De la même façon, si l’on est honnête, on voit que [les œuvres de Jigmé Lingpa sont plus merveilleuses que les traités qui les ont précédées].
[Les mécènes du Palais de Dergué]
La personne en qui l’on peut voir la cause principale de la publication de ces excellentes œuvres (j’entends par là, les textes originaux composant cette série de livres) fut le Roi de Dergué[28]. Ce souverain a régné sur le « maṇḍala de la terre » qui comprend les quatre fleuves et les six chaînes de montagnes du Dokham. Tel un arbre qui exauce les souhaits au milieu d’une forêt ordinaire, c’était le gardien du Dharma dans ce royaume. Puissant monarque universel, impartialement dévoué à tous les enseignements et à toutes les écoles philosophiques des traditions tibétaines tant anciennes que nouvelles, il a fait des offrandes insurpassables et s’est fait le grand mécène de ces textes éloquents. C’est donc grâce à lui qu’on peut maintenant les trouver en ce monde.
Quand s’unirent les excellentes aspirations et motivations du mécène et du révéré Jigmé Lingpa, ce dernier inspira grandement le roi, par son érudition, ses accomplissements spirituels et sa vie exemplaire. Le roi en fut plus qu’enchanté ; il plaça tous ses espoirs en Jigmé Lingpa, qui devint son unique refuge. Il servit le saint Dharma avec révérence et dévotion, et par ses offrandes rendit possible la publication des premiers écrits du grand maître. En fait, le roi apporta partout un soutien financier, faisant preuve d’une générosité sans précédent envers le Dharma. Grâce à ses offrandes, les circonstances interdépendantes furent réunies pour que s’ouvrent d’innombrables portes [du Dharma], et les activités éveillées des vainqueurs ne furent pas en vain.
Dans les prophéties adamantines du trésor de l’esprit [de Jigmé Lingpa], on trouve ces mots :
La vénérable Reine Ngangtsul de Phogyong[29]…
Premièrement, il était prophétisé que [la Reine Tséwang Lhamo][30] naîtrait sous les traits de la princesse Ngangtsul Gyalmo. Dans une incarnation ultérieure, elle devint la Reine Tséwang Lhamo, reine du Dharma et compagne du Roi [de Dergué, Sawang Zangpo]. Elle, [son fils] le prince et roi du Dharma Tséwang Dorjé Rigdzin, et [sa fille] la princesse Tamdrin Wangmo[31], avaient une grande foi dans les enseignements de l’éminent guru Jigmé Lingpa. Afin d’éviter que ses enseignements ne se dégradent, et pour qu’ils puissent au contraire se répandre abondamment, ils ont commandité des pratiques collectives des grandes et glorieuses déités paisibles et courroucées et de Vajrakīlaya au monastère nouvellement établi dans la région de Dza[32] et aux vieux monastères de Dzogchen, Gyalrong et Katok. Puisqu’ils ont ainsi parrainé de nombreuses pratiques et prières, ils méritent d’être qualifiés de grands mécènes du Dharma. En raison de la vérité infaillible des origines interdépendantes appliquée aux causes et résultats de ces actions, de leur samaya irréprochable [avec Jigmé Lingpa], et de la bodhicitta et de l’intention compatissante de leur seigneur guru [Jigmé Lingpa], celui-ci s’est réincarné ici même en tant que suprême nirmāṇakāya. En fait, à l’heure ou j’écris ces lignes, les cérémonies d’investiture se tiennent au siège de son incarnation antérieure[33]. Tant que se poursuivront ses activités éveillées, [ces mécènes] le soutiendront avec leur foi, leur influence et leur richesse.
[Jigmé Trinlé Özer]
Celui qui encouragea la compilation et la publication de ces œuvres (tant initiales que tardives) fut Jigmé Trinlé Özer. Les prophéties adamantines du trésor de l’esprit [de Jigmé Lingpa] disent :
Une émanation du prince ouvrira la porte menant au Dharma[34].
Cet être saint, qui fut prophétisé de la sorte, est né dans la région de Shardo, l’une des dix-huit provinces du Dokham. Dès son jeune âge, il a pratiqué les instructions du Mahāmudrā et de la Grande Perfection. Il a reçu un océan d’enseignements et transmissions qui mûrissent et libèrent, et il les a contemplés et médités à fond. Il a ensuite séjourné dans des lieux sacrés tels que le mont Kailash, s’absorbant dans un profond samādhi et pratiquant les moyens habiles du véhicule des mantras ; appliquant ainsi les points clés des accumulations et de la purification des obscurcissements, il a pénétré jusqu’aux tréfonds de l’expérience et de la réalisation. Les amis spirituels qu’il a suivis étaient tous des gurus non sectaires, et il s’est abreuvé auprès d’eux du nectar du saint Dharma, en vastes quantités. En particulier, il a rencontré l’omniscient guru [Jigmé Lingpa], qui avait été le chef de sa famille de bouddhas dans toutes ses vies antérieures. Jigmé Trinlé Özer est devenu son fils de cœur et a reçu tous les enseignements et transmissions – telles que celles des Essences du cœur (anciennes et récentes), du Condensé de l’esprit de sagesse des gurus, et de la Grande collection des tantras [de la tradition Nyingma]. Il s’est vu confier les enseignements ultimes et décerner le nom de Jigmé Trinlé Özer. Il a permis au Dharma et aux activités éveillées de l’éminent guru Jigmé Lingpa de s’épanouir et de rayonner dans la quasi-totalité du Dokham, jusqu’au Gyalmorong à l’est, et est ainsi devenu son véritable et merveilleux régent. C’est ce vénérable Jigmé Trinlé Özer qui a insisté auprès du grand roi et mécène du Dharma pour que l’intégralité des écrits de l’Omniscient Guru soient publiées sans tarder[35]. Le fils du roi et sa mère [la reine régente] furent également ravis d’accepter. Tous ceux et celles qui travaillèrent sur ce projet de publication l’ont fait avec une motivation et une conduite pures au début, au milieu et à la fin. Ainsi, tout le processus de publication des œuvres intégrales du maître se déroula de manière excellente.
2. Le catalogue proprement dit
Volume 1
Le premier volume[36] contient Le trésor de précieuses qualités, un traité qui récapitule tous les enseignements des sūtra et tantras. Il y a d’abord le texte racine en treize chapitres, suivi de l’auto-commentaire sur les neuf premiers chapitres, intitulé Le chariot des deux vérités, lequel enseigne parfaitement le sens des trois corbeilles[37].
Volume 2
Le second volume est constitué du Chariot vers l’omniscience, à savoir, la deuxième partie de l’auto-commentaire. Celle-ci couvre le dixième chapitre – qui résume l’ensemble des textes concernant les pratiques des vidyādhara – et les trois derniers chapitres, lesquels établissent le sens de la base, de la voie et de fruit à la lumière des extraordinaires instructions essentielles de la Grande Perfection.
Volume 3
Celui-ci s’ouvre sur Un ornement pour le monde entier : Histoire[38] de la précieuse Collection des tantras de l’École des premières traductions, qui compte neuf chapitres. Le texte décrit tout d’abord la façon dont notre Enseignant, le Bouddha, est venu en ce monde ; il offre ensuite une histoire générale et spécifique du bouddhisme par le prisme des grands détenteurs des enseignements, tels que les six ornements et les deux êtres suprêmes[39]. L’ouvrage se conclut avec une présentation des enseignements du saint Dharma, une liste de textes importants, et des prières de dédicace et d’aspiration.
Vient ensuite Une précieuse transmission : Traité offrant des réponses à des questions pertinentes, dont les cinq chapitres touchent une gamme de sujets concernant les véhicules inférieurs et supérieurs.
Volume 4
Le quatrième volume s’ouvre sur Le Miroir de la sagesse et de l’amour : Commentaire détaillé sur le rituel du Condensé de l’esprit de sagesse des gurus (Lama Gongdü). Ce traité fut composé à l’intention des débutants qui se sont embarqués sur la voie du véhicule des mantras. Il n’a rien d’alambiqué : ses mots et son sens sont faciles à comprendre.
Vient ensuite Un océan d’approches spirituelles : Anthologie de conseils[40], soit soixante-treize chapitres qui traitent spontanément de toutes sortes de sujets en lien avec les sciences et les divers domaines de connaissance.
1. Le navire des approches spirituelles[41] : Survol (Collection de textes se rapportant à la science intérieure du bouddhisme, y compris des « Conseils sur la Tripiṭaka ».)
2. Les boucles d’oreilles des sphères célestes : Analyse des cieux, ou Discours sur Rāhula, les étoiles et les constellations
3. Le miroir reflétant les huit sujets d’examen minutieux : Analyse terrestre, ou Discours sur le sud de l’Inde[42]
4. Un coffre rempli de cintāmaṇi : Discours sur l’analyse des substances précieuses
5. Une mine de joyaux : Discours sur la poésie
[Lettres]
6. Un remède pour guérir le monde : Lettre au Roi et à ses sujets, en deux chapitres
7. Les boucles d’oreilles royales : Lettre au Roi de Dergué
8. La symphonie des nuages de pluie : Lettre au Prince
9. Une mine de conseils pour des êtres excellents : Lettre à la Reine, accompagnée d’un commentaire sur le sens[43]
10. Lettre aux sujets, avec des exemples et un commentaire sur leur signification[44]
11. Lettre au régent du Tibet
12. Lettre aux saints
13. Lettre pressant les grands enseignants de vivre dans la solitude
14. Un ornement pour les ministres et les conseillers : Lettre à des disciples
15. Un discours sur notre grand ami spirituel, le Bouddha
16. Lettre à l’ami spirituel Trinlé Tokmé, de Ganden Jangtsé
17. Lettre aux gurus
18. Les boucles d’oreilles de Brahmā : Lettre à Lhodrag Soungtroul
19. Un discours sur la méditation
20. Lettre aux méditants renonçants
21. Une étude des pratiques ascétiques : Lettre aux bhikṣu
22. Pratimokṣa-Garbha : Conseils aux renonçants ordonnés
23. Message aux mantrikas : L’illumination de l’océan des samayas, un commentaire sur le quatrième chapitre du Tantra de la confession[45]
24. Les boucles d’oreilles du yakṣa : Une pratique pour les huit classes
25. Le Roi[46] des asura : Pratique pour les esprits malveillants des dix directions
26. Les paroles du Né-du-Lotus : Pratique pour les esprits
27. À l’ombre fraîche des Trois Joyaux : Lettre aux bandits
28. Un bouquet de bonnes intentions : Lettre aux pèlerins
[Éloges de lieux sacrés]
29. La parure ornant le monde du désir : Guide du monastère de Samyé
30. La vérité en guise de parure : Témoignage sur le temple d’Ārya Palo Ling à Samyé
31. L’appel du kalaviṅka : Guide du glorieux Samyé Chimphou[47]
32. Un ornement pour le Ciel des heureuses émanations : Récit de la consécration d’un nouveau stūpa [à Samyé]
33. Regard sur l’image du Maître Né-du-Lac[48] et les précieuses empreintes de ses pieds
34. Le chant et la danse des ḍākinī : Présentation du temple de Zhoutö Terdrom
35. Une fleur dans l’histoire du Dharma : Présentation du temple du Chapeau[49], à Ourou
36. Notes sur Lho Mön Karpo Zang
37. Un trésor historique : Témoignage sur l’auspicieux tombeau du Roi Songtsen Gampo
38. Les décorations de l’arbre nyagrodha : Catalogue moyennement détaillé du contenu de l’auspicieux tombeau du Roi Songtsen Gampo
39. Le luth au son adamantin : Notes sur Palri Tekpa Chenpö Ling[50]
40. Le collier serti de pierres précieuses : Notes sur Péma Ösal Tekchok Ling[51], ses images et leur consécration
41. Les fleurs de la foi : Notes sur [Sang-Ngak Tekchok Ling,] le Bosquet de Jétavana du Tsang central[52]
[Notes se rapportant aux publications de la Collection des tantras de la tradition Nyingma]
42. L’ornement de l’oiseau kalandaka[53] : Récit de la publication de la Collection des tantras à Tsona
43. La battement de tambour des sages : Récit du travail éditorial impliqué dans la publication de la Collection des tantras de l’École des premières traductions44. Le joyau ketaka purificateur : Notes sur le stūpa de Tashi Öbar [à Pallo Dönteng]
45. L’arbre de la bodhi : Les proportions iconométriques des huit stūpa du Sougata46. Une musique venant du Ciel des heureuses émanations : Conseils sur les offrandes
47. Nuages de mérites : Conseils sur l’offrande de maṇḍala
48. L’excellente voie vers l’omniscience : Conseils sur la dédicace
49. Un bouquet de fleurs d’udumbara : Encouragements à se retirer dans la forêt
50. En invoquant la tristesse à l’égard des états dépourvus de liberté : Un discours pour les oiseaux
51. Le messager du renoncement : L’histoire du cerf
52. Le collier de montagnes rocheuses : L’histoire du lièvre inébranlable
53. L’intelligence à son apogée : Encouragement à engendrer la lassitude à l’égard de l’état de distraction54. Le conseil de la bhramara[54] perspicace : Fiez-vous au sens plutôt qu’aux mots
55. L’arbre de la vertu : Discours sur les dix activités dharmiques
56. Des océans de qualités vertueuses : Discours sur la pleine présence
57. Un scalpel pour disséquer le sens : Discours sur l’attention et la vigilance
58. Le miroir de l’ainsité : Conseils basés sur la Perfection de sagesse en dix-huit mille vers
59. Un remède aux sophismes : Discours clarifiant les systèmes philosophiques
60. Un ornement de précieuse discipline : Discours examinant les restrictions relatives aux dix actions non vertueuses
61. Les boucles d’oreilles en ketaka : Discours sur la distinction de la véritable nature du Mahāmudrā et de la Grande Perfection
62. Les boucles d’oreilles des garuḍa : Conseils concernant la réalité immuable
63. Le chagrin causé par les arguties déplacées : Discours
64. Le tambour de la victoire des dieux : Analyse de l’ultime approximatif
65. L’arme des éclats de diamant : Une explication de la façon dont les quatre systèmes philosophiques sont inclus dans l’Atiyoga
66. Le trésor des deux puretés : Discours sur la libération primordiale et la pureté originelle
67. Le trésor des chants de réalisation de la Grande Perfection : Discours sur la Perfection transcendante de la sagesse
68. Discours sur la réfutation des biais à l’égard des tantras
69. Pour remédier aux vues erronées : Discours sur les quatre objets de confiance
70. Une illumination profonde : Discours sur la connaissance transcendante
71. Discours clarifiant le Cœur de la connaissance transcendante[55] en en commentant l’hommage
72. Un résumé du sens du Discours clarifiant le Cœur de la connaissance transcendante
73. Conseils pour intégrer la maladie à la voie de l’éveil
Volume 5
Le cinquième volume contient 1) une collection de louanges et 2) diverses compositions mineures.
1. Collection de louanges
1. Un spectacle pour le plaisir des kiṃnara : Collection d’aspirations poétiques associée aux précédentes incarnations du Bouddha et évoquant une vigne sacrée
2. Le chant de l’arbre qui exauce les souhaits : Louanges aux trente-cinq bouddhas
3. Éloge du Seigneur des Sages « se rendant en ville »[56]
4. Le messager de la foi : Éloge des tathāgata des trois temps et des dix directions basé sur la signification de leurs noms
5. Éloge de la nouvelle publication de la Collection des tantras de la tradition Nyingma[57]
6. Éloge des huit parfaits stūpa des tathāgata
7. Éloge du merveilleux saṅgha des proches héritiers que sont les huit bodhisattvas
8. Commentaire sur le sens de l’Éloge du merveilleux saṅgha des proches héritiers que sont les huit bodhisattvas
9. Un chariot pour les deux accumulations : Versets d’hommage à l’occasion du Festival des grands miracles[58]
10. Éloge de la pratique secrète du Bienheureux, le Déploiement créatif d’Hayagrīva[59]
11. Éloge de la Montagne cuivrée
12. Éloge des treize instructions essentielles qui proviennent du Trésor d’excellentes qualités
13. Éloge de la biographie dite de Sindūra
14. Éloge du Vidyādhara
15. Éloge du Khenpo [Śāntarakṣita]
16. Éloge du Maître [Padmasambhava]
17. Éloge du Roi du Dharma [Tri Songdétsen]
18. Éloge de Sengé Dradok[60]
19. Éloge de ceux qui observent minutieusement les vœux
20. Éloge du Pays de la Longévité
21. Éloge du puissant symbole aux dix qualités[61]
22. Éloge de la roue de la sorcellerie libératrice
23. Éloge des huit manifestations de Padmasambhava
24. Le long chant de la Reine du printemps : Éloge de Longchenpa, l’Omniscient Seigneur de la Parole[62]
25. Court éloge du grand Omniscient, en cinq vers
26. Vajra Gamaka : Clarifications de l’Éloge du glorieux Samyé Chimphou
2. Diverses compositions mineures
Cette partie comprend six sections : 1) une collection de liturgies et d’arrangements ; 2) une collection de sādhana ; 3) une collection de manuels d’activités ; 4) une collection de clarifications et commentaires ; 5) une collection de textes d’offrandes aux déités et protecteurs ; 6) des textes divers.
1. Collection de liturgies et d’arrangements
1. La bénédiction de la parole[63]
2. L’appel au lama de loin[64]
3. Éloge des douze actes du Bouddha[65]
4. Une prière aux maîtres de la lignée du véhicule de la libération individuelle
5. L’aspiration en tant que voie : Prière aux maîtres de la lignée de la précieuse École des premières traductions
6. L’hommage
7. La confession générale
8. L’invitation et la purification
9. La méditation sur les quatre incommensurables
10. La promesse de suivre la voie du grand véhicule : Prise de vœux combinant ceux du bodhisattva et du véhicule des mantras
11. Une aspiration à faire naître les trois types de connaissance
12. La prière qui accomplit rapidement tous les souhaits[66]
13. En louange à la déesse Mārīcī[67]
14. Une aspiration composée pour Gyarong Öntroul
2. Collection de sādhana
1. Le chariot menant à la libération : Un sādhana des déités paisibles du Filet illusoire
2. La perfection manifeste des heruka : Un sādhana des déités courroucées du Filet illusoire
3. Un navire pour traverser l’océan des enseignements : Rituel supplémentaire pour le Sūtra qui rassemble toutes les intentions[68]
4. Courte pratique quotidienne pour le Sūtra qui rassemble toutes les intentions
5. Le merveilleux bosquet d’arbres de l’immortalité : Liturgie pour le maṇḍala d’Amitāyus, personnification des trois kāya[69]
6. Liturgie pour les activités éveillées de la Quintessence noire, le yoga de l’obscurité
7. Sādhana pour la pratique du maṇḍala unique de Tārā blanche selon la tradition de Jowo Atiśa
8. Pratique quotidienne de Mañjuśrī blanc selon la tradition de Mati
9. Pratique quotidienne du Sage Loktri
10. Sādhana quotidien pour la pratique secrète d’Hayagrīva
11. Méditation et récitation axées sur le Bouddha de Médecine
12. Sādhana de Sarasvatī dans la tradition du brahmane Bṛhaspati
3. Textes divers se rapportant aux activités éveillées
1. Pourvu des quatre mudrā : Rituel universel de consécration des supports de la parole éveillée, y compris les moulins à prières
2. L’ornement de l’intention sage et aimante qui clarifie les points cruciaux : Rituel d’initiation pour « La sphère de la libération, sagesse libérant naturellement »[70]
3. Rituel de purification invoquant Celui qui écarte toutes les corruptions et contaminations de samaya[71]
4. Notes sur l’initiation du Sūtra qui rassemble toutes les intentions
5. Le tonitruant rire de Yamāntaka : Série de questions et réponses sur le rituel d’exorcisme à base torma dans le contexte de l’Assemblée des sugata des Huit grands maṇḍala[72]
6. La connaissance qui à elle seule libère tout : Explications du rituel de suppression des trois Yamāntaka noirs combinés
7. La roue du nirmāṇakāya : Une méthode de protection pour éliminer les obstacles au cours de l’année dite de l’ennemi
8. Le mont Mérou noir : Les étapes d’activité du rituel de suppression
9. Le sens parfait des tantras : Rituel de purification axé sur Ucchuṣma, issu du cycle de « Vajrakīlaya dompteur des démons arrogants, la Roue de fer des pires actions karmiques ».
4. Commentaires éclairants
1. La grand-route des vainqueurs : Commentaire sur « L’Arbre des bienfaits et du bonheur : Aspiration à la conduite éveillée » par l’omniscient Śāntapurīpa[73]
2. L’excellente voie des vidyādhara : Commentaire sur « L’Abondant festin : Une aspiration pour le véhicule des mantras secrets »[74]
3. La voie rapide vers la Glorieuse montagne : Explication de la pratique et de la visualisation du Hūṃ, dans le cadre de la parfaite pratique du cœur
4. Le scalpel débarrassant de la maladie : Commentaire nous rappelant l’aspiration de Samantabhadra[75]
5. Un miroir éclairant tous les doutes concernant les étapes de la visualisation de la roue ardente
5. Prières et offrandes aux déités et protecteurs
1. L’excellent palais contenant des nuées d’offrandes : Rituel d’offrandes de fumée et de réparations
2. Un océan de récompenses : [Pratique de] satisfaction accompagnée des plus excellentes offrandes
3. La réalisation des souhaits[76] des assermentés : Pratique de satisfaction et de réparation pour le Mahākāla à quatre visages, glorieux protecteur
4. Une méthode pour faire des offrandes à Durtrö Lhamo
5. Le collier de la Dame : Offrande à Dorjé Yudrönma
6. Brève pratique de satisfaction et de réparation axée sur Dorjé Yudrönma
7. Un messager prompt et féroce : Pratique de satisfaction et de réparation axée sur le yakṣa Tsimara[77]8. Brève pratique de satisfaction et de réparation axée sur le grand roi Vaiśravaṇa
9. Brève requête à Masang
10. Pour armer l’océan des gardiens assermentés des enseignements[78]
11. Pratique de satisfaction et de confession auprès d’un océan de protecteurs assermentés[79]
12. Activité de mandatement des protecteurs du Dharma en général (prière commençant par « Les enseignements du Bouddha… »)
6. Textes divers
1. L’escalier menant aux royaumes supérieurs : Chemin abrégé de la pratique préliminaire proprement dite
2. Une explication du sens des mots de la pratique d’acquittement des dettes karmiques par les offrandes de tormas d’eau
3. Une vigne menant aux domaines supérieurs[80] : Rituel pour offrir les vœux de refuge
4. Une pratique d’hommages et d’offrandes aux seize Anciens[81]
5. Une intention excellente : Un rituel simple pour le jeûne (nyoungné)[82]
6. Pour actualiser la terre pure d’Abhirati : Guru-yoga de Vajrasattva[83]
7. Guru-yoga des trois kāya basé sur le Bouddha Amitābha
8. Prière aux grands fondateurs des enseignements de l’École des premières traductions
9. Prière au Jowo Rinpoché combinée à des aspirations et à une méthode pour recevoir les quatre initiations[84]
10. Prière combinant les dix actes et les quatre initiations
11. Aspiration à la perfection, à la maturation et à la purification[85]
12. Prière au guru pour exposer nos fautes
13. Prière à Rigdzin Jigmé Lingpa invoquant ses incarnations antérieures[86]
14. Une prière rappelant la vie exemplaire et libératrice du dzogchenpa Rangjoung Dorjé [Jigmé Lingpa][87]
15. Une prière qui condense tout en une unique pratique similaire à un joyau
16. Quatre prières
17. Trois prières[88] pour la longue vie de Jigmé Lingpa
18. Prière pour la longue vie de Gyalsé Nyinjé Özer
19. Prière à la guirlande d’incarnations des dzogchenpas du Tibet oriental[89]
20. Deux prières [d’offrandes] de thé
21. Brèves biographies des incarnations antérieures de Rigdzin Jigmé Lingpa
22. Quelques remarques intelligentes complétant le « Traité pour réfuter les opinions erronées et malveillantes à l’encontre de l’École Nyingma des premières traductions », de l’Omniscient Seigneur de la Parole
23. Le jeu des kiṃnara : Anthologie de lettres officielles de Jigmé Lingpa
24. Le soleil et la lune en guise de boucles d’oreilles : Registre d’enseignements et transmissions reçus par Jigmé Lingpa, comprenant essentiellement la précieuse Collection des tantras de l’École des premières traductions, les sādhana et les manuels d’activités des enseignements des Kama (exemplifiés par le Sūtra, le Filet illusoire et l’Esprit), les Sept trésors, les Quatre sections de l’Essence du cœur, et les trésors anciens et plus récents[90]
25. Le discernement minutieux des dharmas : Catalogue des œuvres intégrales de l’Omniscient Roi du Dharma, Rigdzin Jigmé Lingpa[91]
Volume 6
La précieuse Collection des tantras de l’École des premières traductions comprend près d’une centaine de textes tantriques se rapportant à Kīlaya, traduits par divers lotsāwa et paṇḍita. Ils ont été rassemblés et condensés sous la forme du Système tantrique de Vajrakīlaya, qu’on trouve dans le volume 6[92]. Ce volume comprend aussi un index.
Volume 7
Les volumes 7 et 8 contiennent les textes de l’Essence du cœur de l’immensité, ou « Nouvelle Essence du cœur », laquelle comprend l’essence du cœur de l’infinité des tantras et la quintessence de toutes les instructions essentielles qui se rapportent aux phases de génération et de perfection. Le sens de ces trésors de l’esprit est profond, et leurs bénédictions sont rapides. On trouve aussi ici tous les textes complémentaires. Une liste figure clairement dans Un ornement éclairant comme un soleil radieux : Catalogue de l’Essence du cœur de l’immensité[93]. Le premier de ces deux volumes contient les sādhana, les manuels d’activités et les enseignements contextuels qui prennent pour voie l’initiation du vase et concernent surtout la phase de génération.
Volume 8
Le huitième volume contient toutes les instructions essentielles et les enseignements contextuels sur la façon de recevoir les trois initiations supérieures (telle que l’initiation secrète) en tant que voie ; ils concernent surtout la phase de perfection.
Volume 9
Le dernier volume inclut Des grappes de fruits issus de l’arbre magique des actions excellentes : La vie et la libération de Khyentsé Özer. Cette autobiographie, qui comprend des chants de réalisation, raconte comment Jigmé Lingpa a d’abord reçu, lu et contemplé les enseignements, avant de les pratiquer assidûment et de tourner enfin la roue des activités éveillées. Le sens de cette biographie est résumé dans Des chants de réalisation en guise de parure. Enfin, le neuvième volume contient une collection de questions-réponses sur les phases de génération et de perfection, de même que d’autres conseils spirituels.
3. La conclusion
Celle-ci comprend deux parties : 1) les bienfaits de cette publication ; 2) une dédicace et des prières d’aspiration.
1. Les bienfaits de cette publication
Dans Les versets qui résument la Perfection de Sagesse, Mère des Vainqueurs, on lit :
Imaginez que vous construisiez des stūpa avec les sept pierres précieuses qui symbolisent le nirvāṇa total des Bienheureux, et que vous leur fassiez des offrandes ; que vous en remplissiez des milliards d’univers – en nombre aussi élevé que le nombre de grains de sable le long du Gange –, et que tous les êtres vivant dans ces milliards d’univers ne fassent rien d’autre que leur présenter des offrandes de fleurs divines, allumer de l’encens et les consacrer, et ce, à toutes les époques du passé, du présent et du futur… [Le mérite engendré ne serait-il pas extraordinaire ? Or,] si l’on met par écrit cette Mère des Bienheureux, source de nos Guides – ces bouddhas pourvus des dix pouvoirs –, qu’on la tient respectueusement, qu’on lui rend honneur et qu’on lui jette des fleurs, les mérites engendrés en faisant des offrandes à pareil stūpa ne sauraient être égalés.
Et :
Entre amener à l’état d’arhat tous les êtres peuplant des milliards de domaines – autant de mondes que les rives du Gange contiennent de grains de sable –, ou mettre par écrit cette perfection transcendante de la sagesse et offrir le volume à un excellent être vivant, la seconde action génère un mérite bien plus vaste. Pourquoi donc ? Si les enseignants suprêmes s’entraînent de la sorte, ils peuvent révéler la vacuité de tous les phénomènes. En l’entendant, les śrāvaka seront promptement libérés ; les pratyekabuddha parviendront à leur éveil et les bouddhas potentiels deviendront des bouddhas effectifs.
Cette notion fait l’objet d’explications abondantes. De même qu’il est dit que les bienfaits découlant de l’impression des Paroles des Bienheureux, la perfection transcendante de sagesse, sont incommensurables, les bienfaits découlant de l’impression d’un seul texte qui révèle les enseignements de la cime de tous les véhicules – la perfection transcendante de la connaissance qui détermine la nature véritable de tous les phénomènes, la Grande Perfection – et les enseignements de la piṭaka du véhicule des mantras – la voie éminemment profonde des vidyādhara – sont inexprimables. En outre, les bienfaits perdureront tant que dureront les textes imprimés contenant de telles qualités inexhaustibles. Sachez aussi que le fait d’écouter un enseignement basé sur un tel texte, de le contempler et de le méditer engendre des bienfaits incommensurables. De même, offrir un texte de Dharma à quelqu’un engendre des bienfaits inouïs, comme le mentionne La Mère de grande envergure[94] :
« Kauśika[95], pense à tous les êtres peuplant les milliards d’univers… Si tu menais certains d’entre eux, fils et filles de noble famille, aux quatre concentrations méditatives, aux quatre incommensurables, aux quatre absorptions au-delà de la forme, ou aux cinq super-cognitions, leur mérite ne serait-il pas considérable ? »
Le Bienheureux [ajouta] : « Si un fils ou une fille de noble famille offrant un tel texte sur la perfection de sagesse transcendante à quelqu’un pour que cette personne le lise, le retranscrive ou le récite, son mérite serait bien plus abondant. Pourquoi ? Sache, Kauśika, que cette perfection de sagesse transcendante enseigne en profondeur les dharmas immaculés. En t’y entraînant… tu t’éveilleras en tant que bouddha totalement parfait. »
On devrait donc comprendre que c’est exactement comme ce qu’affirme ici le Bouddha.
2. Strophes de dédicace et d’aspiration
Svasti bhavatu !
De l’océan glaciaire[96] du Seigneur des Sages, parfait en termes d’abandon et de réalisation,
Proviennent les douze éminentes maîtrises de la cessation, de la voie, et ainsi de suite[97].
Hommage au saint Dharma libérateur, qui dissipe les ténèbres
Comme la lune illuminant une fraîche décoction de camphre !La vérité de la voie, qui permet de savourer la paix et d’extirper la souffrance du saṃsāra,
A pris la forme de noms, de syllabes et de mots,
Et fut imprimée avec une intention sublime, dont la magie
Permet la multiplication des textes. Grâce au mérite qui en découle,Au mérite de toutes les bonnes actions relevant De l’écoute, de la contemplation et de la méditation,
Et à l’intégralité du mérite passé, présent et futur de tous les êtres,
Puissions-nous naviguer sur le vaste océan des quatre kāya de l’omniscience !Puisse le pouvoir de ce mérite éteindre le feu de la souffrance, ce feu
Alimenté par les fourrés de la vue du soi, cause des intolérables souffrances des enfers,
Et intensifié par les bourrasques du mauvais karma ;
Puissent tous les êtres parvenir ainsi à d’excellentes renaissances dans les domaines supérieurs.Puissent les fantômes affamés être également libérés de leurs tourments –
Intérieurement, la faim et la soif, et au-dehors, les rigueurs extrêmes des saisons.
Puissent leur bonheur, leur gloire et leurs richesses ne connaître aucune limite,
Et puissent-ils eux-mêmes savourer la merveilleuse abondance des royaumes supérieurs.Puissent les sombres lierres et ronces
De l’ignorance et de la servitude des animaux être tranchés,
Et puisse l’arme affutée du sage discernement
Leur apporter la connaissance sacrée et éclairante de l’absence de soi.Puissent les humains, tirant parti de l’excellente nef
Des libertés et avantages, franchir les quatre fleuves[98],
Voyager jusqu’à l’île aux joyaux de la libération suprême,
Et s’y emparer de la gemme de la félicité suprême.Puissent les eaux de l’amour éteindre l’hostilité des asura,
Qu’il leur est si difficile d’endurer et qui mène aux conflits.
Puissent-ils uniquement s’entraider, comme des parents et amis,
Et, grâce à la bodhicitta, parvenir à un état de tranquillité véritable.Puissent les dieux intoxiqués par leurs désirs
Réaliser que la soif d’objets est une cause de servitude ;
Et, voyant que les choses sont comme le reflet de la lune sur l’eau,
Puissent-ils s’engager joyeusement sur la voie menant au nirvāṇa.Puissent tous les êtres, troublés par la vue de l’identité individuelle
Et rongés par le désir et les autres émotions,
Comme pris dans la gueule d’un crocodile[99], être en mesure de s’affranchir
Et d’atteindre un état caractérisé par le calme et la présence attentive.Les êtres infantiles, comme bernés par un mirage, ne sont jamais satisfaits
Par leurs possessions ; et l’arme de leur animosité
Les rend jaloux de la richesse et du succès des autres.
Que s’estompe la rudesse de leurs pensées et de leurs actes !Puisse la bodhicitta naître également dans le cœur des esprits[100],
Leur offrant la capacité de protéger tous les êtres.
Que la dégradation de l’environnement et des êtres soit naturellement pacifiée,
Et qu’une splendeur digne de l’Époque parfaite illumine le monde entier !À la fin des temps, le filet illusoire des bouddhas se manifeste sous la forme de maîtres,
Un rassemblement de vidyādhara dont l’armure – la bodhicitta –
Ne peut être pénétrée par les forces des ténèbres.
Ils embellissent la terre avec leurs qualités en fait de connaissance et de libération.Même si les suprêmes enseignements essentiels en venaient à décliner sur cette terre,
Puissent le royaume de Nārāyaṇa[101], pays des quatre objectifs[102] et des dix vertus,
Le Roi de Dergué, dont le courage est insurmontable,
De même que sa Reine et sa famille, ne jamais voir leur excellence s’amoindrir.Puissent leur longévité, leur Dharma, leur richesse et leur lignée familiale ne jamais s’affaiblir !
Puisse leur abondante fortune gonfler comme un lac au cœur de l’été !
Puissent-ils soutenir tous les êtres, aussi magnifiquement que le mont Mérou !
Puissent-ils être universellement victorieux et conquérir le monde entier !Quand les eaux de la compassion irriguent l’arbre de la munificence,
Ses fruits généreux abondent ; et dans son ombre rafraîchissante,
Les vœux de tous les êtres sont exaucés. De la sorte,
Que soit parachevée la pāramitā de la générosité enthousiaste et honnête !Préservés par les vœux qui contrôlent les sens et éliminent la négativité,
Les êtres se réjouissent dans un état de tranquillité.
Puissions-nous parachever la pāramitā de la discipline pure et cristalline,
Cette mine regorgeant d’innombrables qualités immaculées !Percevoir que les choses sont illusoires, et, pour le bien des autres,
Ne jamais se dérober aux tâches les plus ardues,
Au point de ne pas renâcler à sacrifier ses membres ou sa vie –
Puissions-nous ainsi parachever la pāramitā de la patience sublime !En nous engageant fermement à mener au nirvāṇa
Tous les êtres, qui ressemblent à des illusions d’optique,
Et en ne nous laissant jamais vaincre par les forces du doute et de la paresse,
Puissions-nous parachever la pāramitā de la diligence indéfectible !Dans l’océan du samādhi, non pollué par l’élaboration conceptuelle,
Et non troublé par les vagues turbulentes de la pensée,
Se trouve un fabuleux trésor de félicité et de réalisation –
Puissions-nous savourer la pāramitā de la concentration méditative !Avec la lame immaculée de la vue de l’absence de soi,
Qui tranche les lierres des concepts ordinaires,
Et munis des trésors de la mémoire et de l’éloquence intrépide,
Puissions-nous obtenir la pāramitā de la connaissance qui discerne toutes choses !Sans rencontrer d’obstacles en menant tous les êtres à la libération,
Et acceptés par un protecteur sublime que l’on sert avec dévotion,
Puissions-nous, avec la dextérité d’un archer, maîtriser l’infinité [des méthodes menant au] mûrissement et [à] la libération,
Et vaincre les forces ennemies de l’existence !Une fois purifiées toutes les fautes, chutes et mauvaises actions
Qui obscurcissent le soleil de notre vrai visage – la nature de bouddha –,
Puisse notre réalisation des cinq voies, y compris les quatre niveaux des vidyādhara, croître,
Et puissions-nous réaliser la véritable signification de la base !Puissent tous ceux et celles qui sont reliés à ces efforts du corps, de la parole et de l’esprit
Voir uniquement la fin de leur mauvais karma et de ses conséquences !
Puissent-ils également faire partie du tout premier cercle de disciples
Du bouddha Complètement victorieux[103], le plus éminent parmi les humains !Puissent les réalisations surgissant sur la voie grâce à l’écoute, à la contemplation
Et à la méditation de ces œuvres augmenter comme la lune croissante,
Et puissent cette suite de volumes débordant d’enseignements
Orner la gorge des vidyādhara de ce monde !Sans cristalliser les bénéficiaires de cette dédicace ni celui qui dédie, mais plutôt, dans une absence de conceptualité pareille à l’espace,
Et voyant la dédicace elle-même comme le geste d’un être onirique qui envoie des fleurs dans le ciel,
Puissions-nous imiter la dédicace des plus nobles, qui voient le réel au-delà de toute référence ;
Ainsi, puisse notre dédicace être totalement pure, et puisse le résultat espéré advenir promptement !
Par Gyourmé Tséwang Chokdroup, du monastère de Katok. J’ai écrit ce bref catalogue des œuvres intégrales de l’omniscient Jigmé Lingpa Rangjoung Dorjé à la demande de l’éditeur (« la cause principale »)[104]. Puissent la vertu et les meilleurs auspices abonder partout et à tout moment !
| Traduit en français par Vincent Thibault (2026), avec le soutien de la Tsadra Foundation, sur la base de la traduction anglaise de Han Kop (2021), lequel fut aidé par Khenpo Sonam Tsewang et Tulku Dawa. Le traducteur anglophone remerciait également Barry Cohen et Adam Pearcey pour leur travail éditorial, de même que Matthias Staber et Stefan Mang pour leur relecture et leurs suggestions.
Bibliographie
Éditions tibétaines
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'gyur med tshe dbang mchog grub. "kun mkhyen chos kyi rgyal po rig 'dzin 'jigs med gling pa'i bka' 'bum yong rdzogs kyi bzhugs byang chos rab rnam 'byed" In gsung 'bum/ 'gyur med tshe dbang mchog grub/ (glog klad par ma/). BDRC W3PD229. 9: 1-25. khreng tu'u: si khron tang deb tshogs pa/ si khron mi rigs dpe skrun khang, 2014.
'jigs med gling pa mkhyen brtse 'od zer. "gsung 'bum dkar chag." In gsung 'bum/_'jigs med gling pa/ sde dge par ma/. BDRC W27300. 5: 3 - 28. gangtok, sikkim: pema thinley for dodrupchen rinpoche, 1985. (Derge edition)
'jigs med gling pa . "chos kyi bzhugs byang smos pa'i rab tu byed pa ste/skabs brgyad pa/ ." In gsung 'bum/_'jigs med gling pa/. BDRC W1KG10193. 3: 461 - 482. gangtok, sikkim: sonam t. kazi, 1970-1975.
Sources secondaires
En tibétain
dgaʼ baʼi rdo rje. ʼKhrungs dpe dri med shel gyi me long. Par gzhi dang po, Mi rigs dpe skrun khang, 1995. Buddhist Digital Resource Center (BDRC), purl.bdrc.io/resource/MW20069. [BDRC bdr:MW20069]
En anglais
Aris, Michael. ʼJigs-Med-Gling-Pa’s “Discourse on India” of 1789: A Critical Edition and Annotated Translation of the Lho-Phyogs Rgya-Gar-Gyi Gtam Brtag-Pa Brgyad-Kyi Me-Long. International Institute for Buddhist Studies of ICABS, 1995.
Chattopadhyaya, Alaka & Lama Chimpa. Taranatha’s History of Buddhism in India. ed. Debiprasad Chattopadhyaya, 2nd edition. Delhi: Motilal Banarsidass, 2010.
Gardner, Alexander. “Do Khyentse Yeshe Dorje.” Treasury of Lives, accessed October 07, 2021, https://treasuryoflives.org/biographies/view/Do-Khyentse-Yeshe-Dorje/P698.
Goodman, Steven D. "Rig-'dzin 'Jigs-med gling-pa and the Klong-Chen sNyingThig", in Davidson, Ronald M. and Goodman, Steven D. (eds), Tibetan Buddhism: Reason and Revelation. New York: SUNY Press, 1992. pp.133–207.
Gyatso, Janet. Apparitions of the Self: The Secret Autobiographies of a Tibetan Visionary (A Translation and Study of Jigme Lingpa’s Dancing Moon in the Water and Dakki’s Grand Secret Talk) Princeton, N.J.: Princeton University Press, 1999.
Maitreya, Arya, Jamgon Kongtrul Lodro Taye, and Khenpo Tsultrim Gyamtso. Buddha Nature: The Mahayana Uttaratantra Shastra with Commentary. Translated by Rosemarie Fuchs. Reprint edition. Boulder: Snow Lion, 2018.
Ronis, Jann. "Derge Queen Tsewang Lhamo," Treasury of Lives, accessed October 07, 2021, http://treasuryoflives.org/biographies/view/Tsewang-Lhamo/13187.
Tulku Thondup. Masters of Meditation and Miracles: Lives of the Great Buddhist Masters of India and Tibet. Boston, MA.: Shambhala, 1996.
van Schaik, Sam. "A Tibetan Catalogue of the Works of ’Jigs-med gling-pa", Revue d’Etudes Tibétaines, no. 29, Avril 2014, pp. 39-63.
______. Approaching the Great Perfection: Simultaneous and Gradual Methods of Dzogchen Practice in the Longchen Nyingtig. Boston, MA: Wisdom Publications, 2004.
______. "Sun and Moon Earrings: The Teachings Received by 'Jigs med gling pa." Tibet Journal, vol. 25: 4, 2000, pp. 3-32.
Version : 1.0-20260114
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Le titre est un clin d’œil à la définition classique de prajña, l’un des termes traduits communément par « sagesse » : « le discernement précis des phénomènes (dharmas) ». Ici, « dharmas » (chos) fait plus spécifiquement référence aux écrits dharmiques de Jigmé Lingpa. Une traduction plus interprétative du titre pourrait donc donner quelque chose comme « Un survol des enseignements ». ↩
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Cette louange en sanskrit est suivie de notre traduction (basée sur la version tibétaine, qui a le même sens). Dans le texte original, elle est en fait suivie d’une brève explication technique de la métrique, que nous avons omise dans la traduction. Merci à Ryan Conlon d’avoir retranscrit et vérifié le sanskrit. ↩
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C’est-à-dire Rangjoung Dorjé, donc Jigmé Lingpa. ↩
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L’Ornement des sūtra du Mahāyāna, chapitre 10, verset 51. Voir Jamgon Mipham et Asanga, A Feast of the Nectar of the Supreme Vehicle: An Explanation of the Ornament of the Mahayana Sutras, traduit par le Padmakara Translation Group (Boulder: Shambhala, 2018). ↩
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Uttaratantra Shastra, chapitre 4, vers 308. Le traducteur anglais cite Karl Brunnholzl, When the Clouds Part: The Uttaratantra and Its Meditative Tradition as a Bridge Between Sutra and Tantra (Boston: Snow Lion, 2015), 665. En français, on pourra consulter le Traité de la Continuité suprême du Grand Véhicule, présenté, traduit et annoté par Christian Charrier et Patrick Carré, aux éditions Padmakara. ↩
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bla ma dgongs 'dus. Voici une traduction de la citation en question : « Au sud [du Tibet] viendra un tulku appelé Özer. Il libérera les êtres à l’aide des profonds enseignements du Nyingtik. Il mènera tous ceux et celles qui lui sont connectés à la terre pure des vidyādhara. » Voir Tulku Thondup, Masters of Meditation and Miracles: Lives of the Great Buddhist Masters of India and Tibet, Boston, MA: Shambhala, 1996, p. 118. ↩
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« Vingt-neuf », dans le texte tibétain, dans un contexte où l’on considère traditionnellement qu’une personne a déjà un an à la naissance. ↩
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Tiré de Ḍākki's Grand Secret-Talk: An Expression of My Realizations. Voir Janet Gyatso, Apparitions of the Self: The Secret Autobiographies of a Tibetan Visionary–A Translation and Study of Jigme Lingpa’s Dancing Moon in the Water and Dakki’s Grand Secret Talk (Princeton, N.J.: Princeton University Press, 1999), page 57. 'Jigs med gling pa. “rtogs pa brjod pa DAk+ki'i gsang gtam chen mo ", in klong chen snying thig rtsa pod. 5 Vols. BDRC W1KG13585. Bodhnath, Kathmandu and Bodhgaya, Bihar: Shechen Publications, 1994. Vol. 1:10. ↩
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C’est-à-dire Longchenpa. ↩
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Selon Tulku Dawa, « Khari » fait ici référence à Yéshé Tsogyal. ↩
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Le tombeau de l’Empereur Songtsen Gampo (env. 605–650). ↩
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lha babs mchod rten, l’un des huit grands types de stūpa commémorant des événements importants dans la vie du Bouddha Śākyamuni. ↩
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Yorou Tradrouk (g.yo ru khra 'brug) est le premier, ou du moins l’un des premiers, temples bouddhistes construits au Tibet par le Roi Songtsen Gampo. Avec Samyé et le Jokhang, c’est l’un des trois temples les plus importants du Tibet central. ↩
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C’est-à-dire le jour de Guru Rinpoché au cours du septième mois tibétain. ↩
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Là encore, le texte dit « trente-six », selon la façon tibétaine de calculer l’âge. ↩
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Voir Éditions Padmakara, 2009. ↩
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Butön Rinchen Droup (1290–1364). Nous avons suivi l’édition d’Adzom, lisant bu lta bu, là où l’édition de Dergué lit de lta bu. ↩
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Les trois types de preuves : 'bras bu (« effet »), rang bzhin (« nature »), mi dmigs pa (« non-observation »). ↩
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Ce paragraphe décrit la révélation du Système tantrique de Vajrakīlaya (Gyülouk Phourba). ↩
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L’autobiographie de Jigmé Lingpa intitulée Des grappes de fruits issus de l’arbre magique des actions excellentes : La vie et la libération de Khyentsé Özer. ↩
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Uttaratantra, V, 18. ↩
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Il s’agit d’une citation du [Noble Sūtra du Rappel les Trois Joyaux](/fr/words-of-the-buddha/sutra-recalling-three-jewels). ↩
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Uttaratantra, V, 19. ↩
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En tibétain, Kagyé (bka’ brgyad). ↩
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Lama Gongdü (bla ma dgongs ‘dus). ↩
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Il s’agit probablement de Ratnākaraśānti, Prajñākaragupta, Vāgīśvarakīrti (ngag gi dbang phyug grags pa), Nāropa, Ratnavajra et Jñānaśrīmitra. Voir Alaka Chattopadhyaya & Lama Chimpa, Taranatha’s History of Buddhism in India, ed. Debiprasad Chattopadhyaya, 2e édition (Delhi: Motilal Banarsidass, 2010), page 295, note 13. ↩
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Référence, probablement, à Abhayākaragupta ('jigs med 'byung gnas sbas pa), actif du début au milieu du 12e siècle. ↩
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Il s’agit peut-être de Sawang Zangpo (sa dbang bzang po, 1768–1790), qui est mort une dizaine d’années avant l’écriture de ce catalogue. ↩
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Encore appelée Dame Gyalmo Tsün de Pho-gyong, ou Ngangtsul Changchoub Gyalmo. Elle fut l’épouse du prince tibétain Moutik Tsenpo (le deuxième fils de Tri Songdétsen) et une compagne spirituelle de Padmasambhava. La citation provient de La cassette de l’esprit éveillé : Guide prophétique de l’Essence du cœur de l’immensité. ↩
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Voir Jann Ronis, “Derge Queen Tsewang Lhamo,” Treasury of Lives, consulté le 7 octobre 2021, http://treasuryoflives.org/biographies/view/Tsewang-Lhamo/13187. ↩
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rta mgrin dbang mo, née en 1787. ↩
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Il s’agit probablement du monastère de Dza Kilung, Orgyen Rigdzin Pelgyé Ling, fondé par Jigmé Ngotsar Gyatso (env. 1759–env. 1834), le premier Kilung Rinpoché. ↩
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Ce passage évoque vraisemblablement l’intronisation de Do Khyentsé Yéshé Dorjé en tant qu’incarnation de Jigmé Lingpa à Tséring Jong. Dodrupchen Jigmé Trinlé Özer avait déjà rencontré Do Khyentsé en 1801. Voir Tulku Thondup, Masters of Meditation and Miracles: Lives of the Great Buddhist Masters of India and Tibet, Boston, MA: Shambhala, 1996, p. 153 : « En 1801, à l’occasion d’un séjour dans la vallée de Mar, Dodrupchen rencontra Do Khyentsé (1800–1866), qui avait alors environ un an. » Voir aussi Alexander Gardner, “Do Khyentse Yeshe Dorje”, Treasury of Lives, consulté le 7 octobre 2021, http://treasuryoflives.org/biographies/view/Do-Khyentse-Yeshe-Dorje/9612 : « Enfant, Yéshé Dorjé fut emmené en U pour y être intronisé à Tséring Jong, le siège de Jigmé Lingpa. » ↩
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Tiré de La cassette de l’esprit éveillé : Manuel d’instructions essentielles, de Jigmé Lingpa. ↩
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La chronologie est incertaine, mais le Roi de Dergué auquel l’auteur fait ici allusion pourrait tout de même être Sawang Zangpo, dévot et mécène du travail de Jigmé Lingpa. Étant donné qu’il est décédé en 1790, il n’a pu voir de son vivant la publication finale des œuvres intégrales de Jigmé Lingpa à Dergué au tournant du dix-neuvième siècle. ↩
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Dans le texte, les volumes sont identifiés par les lettres de l’alphabet tibétain (ka, kha, ga, etc.). Pour plus de clarté, nous les avons numérotés. ↩
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Tripiṭaka, en sanskrit. ↩
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Le terme tibétain est rtogs brjod, traduction du sanskrit avadāna, qui signifie quelque chose comme « récit des nobles actions ». ↩
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Les six ornements sont Nāgārjuna, Āryadeva, Asaṅga, Vasubandhu, Dignāga et Dharmakīrti, et les deux êtres suprêmes sont Nāgārjuna et Asaṅga, ou Guṇaprabha et Śākyaprabha. ↩
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Nous avons ici opté pour « approches spirituelles » plutôt que « véhicules », pour éviter une double métaphore (« océan de véhicules »). Par ailleurs, le terme tibétain gtam (dans gtam tshogs) peut signifier discours, conseil, histoire, récit, lettre, etc. Nous l’avons ici traduit par « conseils », mais autre part dans le catalogue, nous avons chaque fois tenu compte du contexte. ↩
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Là encore, « approches spirituelles » renvoie à la notion de yāna, qu’on traduit typiquement par « véhicules ». ↩
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Voir ʼJigs-med-gling-pa, ʼJigs-Med-Gling-Pa’s “Discourse on India” of 1789: A Critical Edition and Annotated Translation of the Lho-Phyogs Rgya-Gar-Gyi Gtam Brtag-Pa Brgyad-Kyi Me-Long, trans. Aris, Michael (International Institute for Buddhist Studies of ICABS, 1995). ↩
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Voir “A Letter to the Queen”, traduit par Jann Ronis, dans A Gathering of Brilliant Moons: Practice Advice from the Rime Masters of Tibet, édité par Holly Gayley et Joshua Schapiro, Somerville, MA: Wisdom Publications, 2017. pp. 109–122. ↩
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Écrit pour Changchoub Gyaltsen, c’est-à-dire Jigmé Kundrol. ↩
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Voir Message for Mantrikas: Illuminating the Ocean of Samayas, A Commentary on the Fourth Chapter of the Immaculate Confession Tantra. ↩
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gtsug tor. Littéralement, l’uṣṇīṣa. Selon Tulku Dawa, ce terme est parfois utilisé pour faire référence à un roi. ↩
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Voir The Kalaviṅka’s Call: A Guide to Glorious Samye Chimphu. ↩
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Tsokyé Dorjé (mtsho skyes rdo rje), en tibétain. ↩
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Zha lha khang. Voir https://www.rigpawiki.org/index.php?title=Shya_Lhakhang. ↩
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Il s’agit du monastère de jeunesse de Jigmé Lingpa, fondé par Trengpo Tertön Shérab Özer (1518–1584). ↩
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Monastère fondé par Jigmé Lingpa. ↩
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Le Tsang est l’une des deux provinces du Tibet central. ↩
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Selon des références tibétaines, le kalandaka est un oiseau, possiblement un corbeau. Le ʼkhrungs dpe dri med shel gyi me long l’assimile au moineau friquet (Passer montanus). Néanmoins, selon certaines sources sanskrites et palies, le terme pourrait plutôt faire référence à l’écureuil volant. ↩
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Une sorte d’abeille. ↩
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Communément appelé le Sūtra du cœur. ↩
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Tib. Drongkhyerma (grong khyer ma). Référence au Bouddha Śākyamuni se tenant debout dans la posture qu’il adoptait pour demander l’aumône dans les villes et villages. ↩
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Écrit en 1771. ↩
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Le Festival des miracles est l’une des quatre principales fêtes bouddhistes. Il coïncide avec la pleine lune (le quinzième jour) du premier mois tibétain. Les quinze premiers jours de l’année, on commémore les quinze jours au cours desquels le Bouddha a manifesté différents miracles pour amplifier le mérite et la dévotion des futurs disciples. ↩
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L’un des dix-huit tantras du Mahāyoga selon la tradition Nyingma. ↩
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seng ge sgra sgrogs. L’une des Huit manifestations (mtshan brgyad) de Guru Rinpoché. ↩
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Il s’agit du symbole du Kālacakra. ↩
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Voir Nyoshul Khenpo Jamyang Dorjé, A Marvelous Garland of Rare Gems: Biographies of Masters of Awareness in the Dzogchen Lineage, traduit par Richard Barron, Junction City, CA: Padma Publishing, 2005, 204–212. Une traduction française de cet ouvrage, en deux volumes, est en cours de publication aux éditions Padmakara. Voir L’Avènement de la Grande Perfection naturelle : La Merveilleuse Guirlande de joyaux des lignées de vidyadaras, volume 1. ↩
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Voir « L’Excellent Chemin de l’omniscience » : La pratique préliminaire dzogchen du Longchen nyingtik. ↩
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Voir « L’Excellent Chemin de l’omniscience » : La pratique préliminaire dzogchen du Longchen nyingtik. ↩
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Voir l’Éloge des douze actes du Bouddha. ↩
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Voir Sampa nyour droupma – « La Prière qui accomplit rapidement tous les souhaits ». ↩
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'dus pa mdo. ↩
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Une pratique de Trengpo Tertön Shérab Özer (1518–1584). ↩
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Le Droltik Gongpa Rangdrol, de Trengpo Tertön Shérab Özer. ↩
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Basé sur le trésor textuel de Trengpo Tertön Shérab Özer. ↩
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Le Kagyé Déshek Dupa, de Nyangrel Nyima Özer (1124–1192). ↩
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Śāntapurīpa est une épithète de Trengpo Tertön Shérab Özer. ↩
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Là encore, le texte en question est de Trengpo Tertön Shérab Özer. ↩
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Révélé par Rigdzin Gödem Ngödroup Gyaltsen (1337–1408). Nous avons opté pour « scalpel » là où le traducteur anglais parle plus littéralement d’une « cuillère chirurgicale ». ↩
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Traduction interprétative, là où le texte tibétain emploie le terme bla chags. ↩
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Pour ce texte, Jigmé Lingpa s’est basé sur les trésors de Ngari Paṇchen Péma Wangyal (1487–1542). ↩
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Traduit (mais non publié) par Rigpa Translations. ↩
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Voir A Practice of Fulfilment and Confession to an Ocean of Oath-bound Protectors. ↩
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Le texte de Guétsé Mahāpaṇḍita parle d’une vigne menant à la « libération » (thar pa), ce qui semble être une erreur typographique. Toutes les éditions des œuvres intégrales parlent bien des « domaines (ou royaumes) supérieurs » (mtho ris). ↩
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Voir Une pratique d’hommages et d’offrandes aux seize Anciens. ↩
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Voir Excellent Intention: A Simple Fasting (Nyungné) Ritual. ↩
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Voir Pour actualiser la terre pure d’Abhirati : Guru-yoga de Vajrasattva. ↩
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Voir A Prayer to Jowo Rinpoche Combined with Aspirations and a Means to Receive the Four Empowerments. ↩
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Voir Aspiration à la perfection, à la maturation et à la purification. ↩
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Voir Prayer to Rigdzin Jigme Lingpa Invoking His Previous Incarnations. ↩
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Voir Une prière rappelant la vie exemplaire et libératrice du dzogchenpa Rangjoung Dorjé. ↩
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Il semble y en avoir quatre. ↩
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Voir Prayer to the Garland of Rebirths of the Dzogchenpas of Eastern Tibet. ↩
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Voir van Schaik, Sam. 2000. 'Sun and Moon Earrings: The Teachings Received by 'Jigs med gling pa.', Tibet Journal, vol. 25: 4, pp. 3-32. ↩
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Il s’agit du présent texte, de Guétsé Mahāpaṇḍita. ↩
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Gyülouk Phourba, rgyud lugs phur pa. ↩
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Écrit en 1802 par Jigmé Losal Özer. Voir Un ornement éclairant comme un soleil radieux : Catalogue de l’Essence du cœur de l’immensité. ↩
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La Perfection de sagesse en vingt-cinq mille vers (pañcaviṃśatisāhasrikā-prajñāpāramitā ; sher phyin stong phrag nyi shu lnga pa). ↩
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Un autre nom pour le dieu Indra. ↩
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Tib. gangs can mtsho. ↩
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Selon l’Abhidharmakośa de Vasubandhu, il y a trois niveaux dans la compréhension de chacune des quatre vérités des nobles, totalisant douze maîtrises ou connaissances. On connaît alors la nature de chaque vérité ; on sait ce qu’il faut accomplir en lien avec cette vérité ; et on l’accomplit effectivement. ↩
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Les quatre fleuves : naissance, vieillesse, maladie et mort. ↩
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« Crocodile » rend ici chu srin, que l’on représente comme une sorte de dragon ou de monstre marin. ↩
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« Esprits » rend ici 'byung po (bhūta, en sanskrit). ↩
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Ici, le Roi de Dergué est comparé à Nārāyaṇa (c’est-à-dire Viṣṇu), comme le voulait la culture indienne et sud-asiatique. ↩
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Les quatre objectifs d’une vie humaine (puruṣārtha, en sanskrit) : 1) dharma (la droiture et les valeurs morales) ; 2) artha (la prospérité et les valeurs économiques) ; kāma (le plaisir et l’amour) ; mokṣa (la libération). ↩
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C’est le nom du bouddha que Jigmé Lingpa est appelé à devenir, selon une prophétie. ↩
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Puisque Guétsé Mahāpaṇḍita mentionne le catalogue du Longchen nyingtik écrit par Jigmé Losal Özer, Un ornement éclairant comme un soleil radieux : Catalogue de l’Essence du cœur de l’immensité, lequel fut composé en 1802, il faut en conclure que le présent texte fut écrit soit en 1802, soit peu après. Selon Janet Gyatso, le royaume de Dergué aurait demandé à Jigmé Lingpa en 1798 de faire parvenir des copies définitives de certains de ses écrits. Compte tenu de la date du catalogue, on peut estimer que l’édition de Dergué des œuvres intégrales de Jigmé Lingpa a dû voir le jour entre 1798 et 1802, environ. Voir aussi Sam van Schaik, Approaching the Great Perfection, p. 39 et Janet Gyatso, Apparitions of the Self, p. 310, n. 2. ↩
